Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - La légendaire Diane de Poitiers
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Fille du Gouverneur-Grand Sénéchal de Provence, Jean de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier, et de Jeanne de Batarnay, Diane  naît le 3 septembre 1499. Second enfant du couple, sa naissance est très attendue, ses parents ayant perdu leur premier enfant, un fils, au berceau. Diane de Poitiers appartient à une illustre famille apparentée aux Bourbon et estimée des rois de France : depuis 1125, le chef de famille a reçu le titre de comte de Valentinois. La fillette est très proche de son père et a une passion pour les longues chevauchées. Alors qu’elle est encore une enfant, Diane perd sa mère et sa famille l’envoie auprès de la princesse Anne de Beaujeu, fille de Louis XI, pour que la fillette reçoive une bonne éducation. Diane sera élevée avec la fille de la princesse, Suzanne de Bourbon.  Après avoir été demoiselle d’honneur d’Anne de Beaujeu, Diane devient celle de la nouvelle reine, Claude de France, en 1514, et entre ainsi dans la brillante cour de François Ier.  C’est également cette année là que sa bienfaitrice annonce à Diane son union avec Louis de Brézé,  grand sénéchal de Normandie et grand veneur de France. Ce dernier est bien plus âgé que la jeune femme puisque né en 1463. Cependant, veuf et sans enfant, Louis de Brézé possède de nombreux biens et descend de la famille royale puisqu’il a pour grands-parents le roi Charles VII et sa maîtresse Agnès Sorel. Ainsi, malgré la grande différence d’âge, Diane de Poitiers sait qu’elle va devenir l’une des plus grandes femmes du royaume et a appris, grâce aux leçons d’Anne de Beaujeu, qu’elle a tout à gagner avec cette union. Le mariage a lieu  29 mars 1515 en présence des souverains et de la cour. Diane devient la Grande Sénéchale. Elle donnera deux filles à son époux : Françoise (1515-1557) et Louise (1518-1577).

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La Grande Sénéchale  représentée en "Diane Chasseresse"

En 1524 son père, Jean de Saint-Vallier, est accusé de complicité dans la trahison du Connétable de France, Charles de Bourbon, qui vient de se rallier à Charles Quint. Il faut faire un exemple : le père de Diane de Poitiers est condamné à mort pour le crime de lèse-majesté. Au dernier moment, il est gracié par le roi en reconnaissance des services rendus à la couronne par son gendre, Louis de Brézé. Cependant, des rumeurs coururent, avançant que Diane a cédé aux avances de François Ier pour obtenir la grâce de son père. Néanmoins, il n’existe aucune preuve pour venir confirmer ces dires.  Cette même année, la reine Claude décède à l’âge de 24 ans, laissant quatre enfants que François Ier confie à Diane, qui a été la dame d’honneur mais aussi l’amie de la défunte reine. La jeune femme rentre alors au service de Louise de Savoie, mère du roi de France.  Le 17 mars 1526, le dauphin et son jeune frère Henri duc d’Orléans sont échangés contre François Ier (depuis la défaite de Pavie le 24 février 1525, le roi était le prisonnier de Charles Quint). Diane de Poitiers réconforte alors Henri qui n’a que 7 ans. Lorsqu’il est libéré en 1530, Henri n’a pas oublié la gentillesse de la dame d’honneur de sa mère. L’année suivante Louis de Brézé décède à l’âge de 68 ans, laissant de nombreux biens à son épouse qui continue de se faire appeler la Grande Sénéchale en mémoire de son mari. Elle le pleure d’ailleurs nécessairement et ne s’habille plus que de noir et de blanc. Louise de Savoie suit Louis de Brézé dans la tombe et Diane se voit proposer la charge de première dame d’honneur de la nouvelle reine, Eléonore de Habsbourg (sœur de Charles Quint), que François Ier vient d’épouser. C’est à l’occasion du couronnement de la reine qu’à lieu un tournois au cours duquel le prince Henri, âgé de 12 ans, demande à Diane de Poitiers l’honneur de porter ses couleurs. Tout le monde ne voit que de la reconnaissance dans le geste du jeune duc d’Orléans.  Tandis que Diane de Poitiers s’attire la sympathie d’Henri, elle se fait une ennemie en la personne d’Anne de Pisseleu, duchesse d’Etampes, maîtresse de François Ier. Celle-ci, réputée pour sa grande beauté, enrage que le jeune prince soit attiré par une femme plus âgée qu’elle. Dès lors, les deux femmes se livrent une lutte sans merci et la cour se divise en deux camps : ceux qui soutiennent la duchesse d’Etampes et ceux qui sont du côté d’Henri d’Orléans et de Diane de Poitiers.  A une époque où François Ier combat l’hérésie et la montée du protestantisme, Diane de Poitiers se veut très attachée à la foi catholique. Anne d’Etampes au contraire, est séduite par certains aspects du protestantisme et soutient des partisans de la religion réformée. En tant que maîtresse du roi de France, la duchesse d’Etampes se sait intouchable. Anne d’Etampes prend également un malin plaisir à monter les frères d’Henri, le dauphin François et Charles d’Angoulême, contre ce dernier, qui a préféré la présence et les conseils  de Diane aux siens.

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Diane de Poitiers (école de Fontainebleau)

 En 1533, Henri épouse une lointaine cousine de Diane de Poitiers : Catherine de Médicis. Celle-ci s’éprend très vite de son époux qui n’a d’yeux que pour Diane. Jusqu’à la mort de son mari, Catherine cache la haine qu’elle voue à Diane de Poitiers, qui devient sa dame d’honneur. En 1536, le dauphin François décède brusquement et Henri devient l’héritier du trône. La duchesse d’Etampes perd un allié et comprend bien vite qu’à la mort du roi elle ne sera plus désirée à la cour. Henri est alors âgé de 17 ans et si on a pu croire jusqu’à présent qu’il voyait en Diane une figure maternelle, il faut désormais admettre qu’elle est bien sa maîtresse. Ayant l'oreille du roi, elle fait d'ailleurs de son mieux pour rapprocher François Ier de son successeur. La Grande Sénéchale conforte sa position en mariant ses filles avec de puissantes familles : Françoise de Brézé épouse Robert IV de La Mark, duc de Bouillon, en 1538 ; Louise deviend la femme du duc d’Aumale (frère de la reine d’Ecosse Marie de Guise) en 1547. Toutes deux sont également au service de la reine Eléonore. Elles seront attachées par la suite à celui de Catherine de Médicis puis de ses belles-filles. Le 31 mars 1547, le roi s’éteint et Henri II monte sur le trône de France. Diane en profite pour s'octroyer la première place à la cour. Elle ne brille pas en tant que concubine du jeune roi de France mais comme l'amie, la conseillère, la muse. Intelligente et dotée d'une forte personnalité,  Diane de Poitiers parvient à rester sans rivale. A l’occasion de son couronnement, Henri II offre à sa maîtresse le château de Chenonceaux. En 1548,  Diane est faite duchesse de Valentinois et apparaît comme toute puissante. Si elle ne donne pas d’enfant à son royal amant, la duchesse de Valentinois s’occupe de ceux que lui donne la reine ainsi que des quelques bâtards qu’Henri II aura avec des jeunes femmes lors  de ses escapades. Elle ne dit rien de ses infidélités car elle tient à garder le pouvoir politique qu'elle exerce sur lui.


La duchesse de Valentinois en 1555

Diane de Poitiers joue un rôle clé au sein de la famille royale : elle a contribué à rapprocher Henri II de son épouse et c’est à la duchesse de Valentinois que sont confiés les enfants royaux. Le roi et Catherine auront dix enfants qui seront arrachés à leur mère et élevés par Diane. Ce n'est pas par amitié ou par compassion que la favorite agit de la sorte : si Catherine de Médicis, bien que jeune, ne peut rivaliser avec la duchesse sur la beauté, en revanche, Diane aurait tout à craindre si le jeune roi répudiait son épouse. Une nouvelle reine jeune et belle serait une rivale dangereuse pour Diane. Dès lors, la maîtresse du roi de France fait tout pour conforter la position de la florentine à la cour.  Les enfants royaux font  de nombreux séjour à Anet, demeure de Diane de Poitiers. C’est également Diane qui favorise l’union du dauphin François (futur François II) avec la petite reine d’Ecosse, Marie Stuart. La fillette appartient à la puissante famille des Guise, avec lesquels Diane est étroitement lié part le mariage de sa fille Louise. Ainsi, dans ses lettres à sa mère, Marie Stuart ne fait que louer la duchesse de Valentinois. Le 30 juin 1559, Henri II participe à un tournoi pour célébrer le mariage de sa fille aînée avec le roi d’Espagne Philippe II.  Le roi de France est gravement blessé à l’œil par la lance de Gabriel de Montgomery, capitaine de ses gardes. Il décède le 10 juillet sans avoir revu Diane. Dès lors, la duchesse de Valentinois se voit interdire la cour par la reine, qui pendant des années l'a supporté sans dire mot.  Elle doit rendre tous les présents du roi mais parvient à garder le château d'Anet où elle se retire.  Malgré l'austérité de Catherine de Médicis, l'ancienne favorite séjourne encore à Paris à quelques reprises et conserve des liens avec les puissantes familles de Guise et de Bourbon.  En 1565, Diane de Poitiers se casse une jambe suite à une chute de cheval. Elle décède le 22 avril 1566, soit des conséquences de cette chute, soit  suite à l'absorption d'une boisson à base d'or qui l'aurait empoisonnée. Diane de Poitiers est enterrée dans la chapelle du château d'Anet. En 1795, les révolutionnaires jettent ses restes, et ceux de deux de ses petites-filles inhumées auprès d'elle, dans la fosse commune du cimetière. Il faudra attendre le 29 mai  2010 pour que les restes de Diane de Poitiers retrouvent la chapelle du château d'Anet. 


Pour en savoir plus : "La lune et le serpent" de Marie-Christine de Kent


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