Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - Charlotte de Belgique. chap. 2 : De l'Italie au Mexique
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Seconde partie de la biographie consacrée à l'Impératrice du Mexique, Charlotte de Belgique

 

En Italie, Charlotte fait bonne impression au peuple en parlant leur langue. Le couple s’installe à Trieste où Maximilien fait construire le Château de Miramare. Charlotte semble conquise par sa nouvelle patrie et l’exprime dans ses lettres adressées à sa famille. Cependant, son époux commence déjà à s’éloigner d’elle, prétextant des déplacements qui vont de paire avec ses fonctions. Lentement, Charlotte sombre dans la mélancolie, ce qui se traduit par des périodes où elle se trouve dans un état d’abattement. Officiellement, on la dit souffrante. Autour d’elle pourtant, tout le monde attend l’annonce d’une maternité. Bientôt, cette absence de grossesse deviendra un sujet tabou. Comme si l’échec de son couple ne suffisait pas, la Lombardie est annexée en 1859 par le roi de Sardaigne selon les termes de l’Armistice de Villafranca qui met fin à la campagne d’Italie, opposant l’Autriche à la France et à la Sardaigne. Maximilien est anéanti d’avoir perdu sa couronne et Charlotte tombe en dépression.  S’ajoutent à cela les nombreux décès qui, à chaque fois, affectent la jeune femme : sa belle-sœur, Margareth de Saxe, décède en 1858 à l’âge de 18 ans. Chez les Orléans, Hélène de Mecklembourg-Schwerin (belle-fille de Marie-Amélie) meurt la même année à 44 ans alors que la famille venait tout juste de se remettre de la perte de la duchesse de Nemours, morte en couches en 1857, à l’âge de 35 ans.

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La princesse Charlotte de Belgique
 


En 1861, Napoléon III propose la couronne impériale du Mexique à Maximilien.  L’empereur des français souhaite en effet créer un empire catholique, remettre de l’ordre dans un pays en proie à l’anarchie et limiter l’influence des Etats-Unis, où sévit alors la guerre de Sécession. Bien entendu, Napoléon III assure que les troupes françaises resteront au Mexique pour soutenir militairement Maximilien et Charlotte le temps que la situation soit stabilisée. Le couple hésite à accepter une couronne qui a déjà été rejetée par d’autres princes. Maximilien souhaite avoir le soutien du peuple mexicain et que ce dernier soit d’accord avec sa nomination  en manifestant leur opinion au cours d’un vote. Charlotte, qui a été profondément blessée dans son orgueil lors de la perte de la Lombardie, est plutôt favorable au projet mexicain. Il semble néanmoins que le vote au Mexique ait été truqué en faveur de Maximilien : il y a en effet plus de votants que de personnes pouvant voter ! C’était comme si l’ensemble du peuple, y compris les enfants, avait voté. La grand-mère de Charlotte se montre fortement opposée à l’acceptation de la couronne mexicaine, déclarant que le Mexique est un pays bien trop dangereux. Quant à la reine Victoria, elle ne peut se retenir de dire que Charlotte et Maximilien « seront assassinés ». Avant de partir pour le Mexique, Maximilien doit cependant signer le  « pacte de famille » qu’on lui présente le 21 mars 1864 : il doit renoncer à ses droits à la succession au trône d’Autriche (il est alors en seconde position après son neveu Rodolphe). Pour l’archiduc le coup est dur et il songe, l’espace d’un moment, à renoncer au Mexique. Charlotte et l’archiduchesse Sophie tentent de faire revenir l’empereur François-Joseph sur sa décision mais rien n’y fait. Les deux frères se querelleront pendant plusieurs heures avant que Maximilien accepte finalement la renonciation à contre cœur.

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Charlotte de Belgique en 1864, par Franz Xaver Winterhalter


A leur arrivée à Mexico le 12 juin, Charlotte et Maximilien sont accueillis par leur nouvelle patrie. Le couple impérial est apprécié par les mexicains : l’empereur tente de concilier les différents partis présents au Mexique tandis que son épouse s’investie en visitant les écoles et les institutions de charité, crée de nombreux établissements pour jeunes filles pauvres et des hôpitaux. Les absences répétées de Maximilien, qui entreprend une tournée des provinces, affecte l’impératrice mais celle-ci s’en console : au sein du couple, se sont développés des sentiments amicaux, fraternels  mais Charlotte et Maximilien semble résigner sur le fait de ne pas avoir de vie conjugale. Chacun vit de son côté et les rumeurs commencent à circuler : on dit que l’impératrice est éprise du colonel Van Der Smissen. Commandant de la Légion Belge, il est proche des frères de Charlotte, qui lui ont recommandé le colonel. On parle aussi  d’un officier français, Pierre Léonce Détroyat pour lequel l’impératrice a « une tendre sympathie ». Charlotte semble également avoir un sérieux penchant pour un autre officier français, Charles Loysel, lieutenant-colonel, qui devient vite indispensable pour Maximilien. Lorsque celui-ci doit s’absenter, Charles Loysel reste auprès de l’impératrice et partage avec elle « une grande intimité ».  Quant à Maximilien, depuis 1865 il a une maîtresse connue sous le nom de  Maria Anna Leguizano. La question de l’avenir dynastique pour le couple impérial ne tarde pas à refaire surface : il leur faut un héritier. Maximilien envoie alors un émissaire en Autriche pour proposer d’adopter l’un des jeunes fils de son frère, l’archiduc Charles-Louis. Charlotte est favorable à l’idée d’adopter l’un de ses neveux et envisage même de se rendre en Autriche pour ramener un petit archiduc au Mexique et l’élever comme son propre fils.  Cette proposition met en évidence la réalité : le couple impérial est incapable d’avoir un enfant. Certains murmurent que la faute revient à Maximilien qui serait impuissant ou attiré par les hommes ! Pourtant, en 1866, sa maîtresse, Maria Anna, met au monde un garçon, fruit de sa liaison avec l’empereur.  La stérilité du couple est alors imputée à Charlotte. Son rêve d’adoption ne se fera pas : l’empereur Autriche François-Joseph rejette la proposition du couple car Maximilien conteste le pacte familial qu’il a signé et qui le prive d’un éventuel héritage en Autriche.
 

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Charlotte et Maximilien peu avant leur départ pour le Mexique


D’autant qu’au Mexique, la situation n’est pas au beau fixe : en février 1866, le président des Etats-Unis demande à Napoléon III de retirer ses troupes du Mexique et de cesser d’apporter son soutien à l’empereur. Le problème, c’est que Maximilien n’est toujours parvenu à s’imposer face à un peuple toujours divisé entre le régime impérial et le régime républicain. De plus, la dette du Mexique vis-à-vis de la France ne cesse d’augmenter. Tandis que Maximilien tente de trouver des solutions, Charlotte est victime de nausées : elle se croit alors empoisonné par une drogue dissimulée dans sa nourriture. De la mélancolie, l’impératrice va bientôt glisser vers la paranoïa. D’ailleurs, le couple impérial a déjà échappé à un attentat en 1865. Plusieurs membres de son entourage sont d’ailleurs persuadés que Charlotte a pu être empoisonnée par la suite, par des opposants au régime,  lorsqu’elle entreprend de se rendre en France chercher l’appui de Napoléon III. Le sort semble s’acharner sur l’impératrice puisqu’elle perd successivement son père, Léopold Ier, en décembre 1865 puis sa grand-mère, Marie-Amélie, en mars 1866.  Ces drames, à quoi s’ajoute une situation politique qui s’envenime, replonge Charlotte dans la dépression : au début de l’année 1866, Napoléon III annonce à Maximilien qu’il doit retirer ses troupes du Mexique. L’empereur envisage d’abdiquer mais la fière Charlotte s’oppose à cette éventualité : elle propose de se rendre en France afin de faire revenir Napoléon sur  sa décision.  Pour l’impératrice, abdiquer serait une humiliation. Elle n’est pas fille de roi et petite-fille de roi pour abandonner sa couronne. Maximilien a du mal à se séparer de son épouse et écrira à sa mère « Combien il m’a couté de me séparer d’elle, il m’est impossible de le dire. De savoir la compagne, l’étoile de ma vie, si loin... ». Charlotte et Maximilien ne se reverront pas.


Pour en savoir plus : "L'impératrice Charlotte, le soleil noir de la mélancolie" de Dominique Paoli

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Réactions à cet article

Réaction n°2 

par terry le 27/11/2010 @ 12:03
Voilà qui devrait inspirer nombre de réalisateurs pour deux longs métrages de 90 mn !

Réaction n°1 

par Landry le 12/11/2010 @ 21:08
Merci pour ce beau résumé. C'est une histoire triste, tragique et émouvante jusqu'aux larmes. La princesse Charlotte ne méritait pas ce sort.


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