Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - Agnès Sorel, passion de Charles VII
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Fille de Jean Sorel (ou Soreau) et de Catherine de Maignelais, Agnès Sorel naît vers 1422 dans une famille noble. Elle passe son enfance chez une tante d’avant de devenir, vers l’âge de 15 ans, demoiselle d’honneur de la reine de Sicile, Isabelle de Lorraine, belle-sœur du roi de France. D’une grande beauté, qui correspond alors à l’idéal féminin, Agnès est remarquée par Charles VII en 1444, à Saumur. Ce dernier l’installe à la cour la même année et Agnès entre au service de la reine, Marie d’Anjou, qui doit supporter la présence de la maîtresse de son époux. Agnès est la première maîtresse royale à être présentée comme étant une favorite officielle. Avant elle, les rois de France avaient des maîtresses mais celles-ci restaient dans l’ombre telle que Eléonore de La Pau ou Catherine de L’ Isle-Bouchard, qui l’avaient précédé dans le lit de Charles VII. La jeunesse et la beauté de la favorite transforment la mode : Agnès Sorel met en avant le décolleté, les robes brodées de fourrures, les longues traînes et des coiffures qui gagnent en hauteur. Certains l’accusent de s’habiller de façon provocante et de dilapider l’argent du royaume. Le peuple de Paris surnomme d’ailleurs Agnès "la pute du roi". Malgré cela Charles VII, fou de sa maîtresse, continue de la combler de présents (diamants, robes cousues de pierres précieuses) , lui fait don du château de Bois-Sire-Amé, en 1447 et de celui de Beauté-sur-Marne (résidence royale construite sous Charles V) en 1448. C’est de là que la jeune femme tient son célèbre  surnom : "Elle fut appelée demoiselle de Beauté, tant pour cette cause que pour ce que le roi lui avait donné la maison de Beauté-lez-Paris" .  La favorite sera immortalisée en 1455 par le peintre Jean Fouquet, qui la représente dans son tableau "Vierge à l’enfant" ou "Vierge de Melun", entourée de séraphins (anges rouges) et de chérubins (anges bleus). Agnès y est vêtue et coiffée selon la mode du XVe siècle, le front dégagé et la tête couronnée de pierres précieuses. Son sein gauche dénudé renvoie à la fécondité maternelle. Si cette image de la favorite pour représenter une sainte peut choquer, néanmoins, Agnès Sorel demeure une personne fort pieuse et ne cesse de prier pour le salut de son âme. Elle fait d’importantes donations à l’Eglise ainsi que pour les pauvres.

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Agnès Sorel en "vierge à l'enfant", par Jean Fouquet

Agnès comprend vite quel intérêt elle a à se faire des alliés au sein d’une cour où elle n’est pas bien accueillie par tous. Ainsi, elle se rapproche et se lie d’amitié avec le grand argentier, Jacques Cœur. La favorite fait souvent appel à lui pour qu’il avance les fonds dont elle a besoin pour restaurer ses châteaux, cadeaux de Charles VII, ou se procurer bijoux et étoffes. Le grand argentier fera également parti des exécuteurs testamentaires choisis par Agnès, ce qui prouve qu’il connaissait bien les affaires de la favorite. A la cour, Agnès Sorel a beaucoup d’amitié pour la dauphine, Marguerite d’Ecosse, qui a le même âge qu’elle. Toutes deux aiment la poésie, les fêtes et le luxe. La jeune dauphine n’est cependant pas aimée de son époux, le dauphin Louis, et lorsqu’elle meurt d’une pleurésie en 1445 à l’âge de 20 ans, il se montre indifférent. Agnès reprochera toujours à l’héritier du trône le comportement qu’il avait adopté à l’égard de son épouse, qu’il n’aimait pas. A partir de cette date, une hostilité réciproque s’installe entre le dauphin et la favorite, ce qui portera à conséquences dans les relations entre Charles VII et son fils. Ce dernier ne supporte pas que sa mère, reine de France, soit humiliée par la présence d’une maîtresse de son père.  En 1447, en rage contre Agnès, le dauphin la poursuit en brandissant son épée (ou la gifle, cela dépend des récits). Le roi, furieux que son fils s’en prenne à sa favorite, l’envoie dans le Dauphiné. Louis ne reviendra à la cour que quatorze années plus tard, une fois devenu roi de France. Il demeure le seul dauphin dans l’histoire qui ait osé manquer de respect à ce point à une favorite royale.  Il semble bien qu’Agnès Sorel ait transformé Charles VII. Lui qui n’avait pas le goût du pouvoir, affichait une triste mine et semblait être influençable dans sa jeunesse, manifeste alors son envie de gouverner, de s’occuper de la politique et rêve de conquêtes. Aux côtés d’Agnès, Charles VII rayonne, retrouve une nouvelle jeunesse. Un contemporain note à propos du roi et de sa maîtresse : " Enflammé pour elle à ce point qu’il ne pouvait supporter qu’elle lui manquât un instant : à table, au lit, au Conseil, il fallait toujours qu’elle fût à ses côtés".  A son royal amant, Agnès Sorel donne trois filles :
- Marie (1444-1473) future comtesse de Taillebourg
- Charlotte (1446- 1476) future comtesse de Maulevrier (morte assassinée par son époux)
- Jeanne (1448-1467) future comtesse de Sancerre

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La "belle Agnès", par Jean Fouquet

C’est peut être Agnès qui inspire au roi  la reconquête de la Normandie et de la Guyenne, alors occupées par les anglais, en 1449. Tandis que Charles VII s’empare des villes en Normandie, Agnès, enceinte pour la quatrième fois, s’installe au château de Loches, en Touraine. Au début de l’année 1450, alors que son amant vient de prendre Rouen et Harfleur, Agnès le rejoint à Jumièges alors qu’elle est enceinte de sept mois. La favorite a entendu parler d’un complot contre le roi et, inquiète, vient le prévenir. Il est vrai que depuis le départ du dauphin, on peut s’attendre à ce que ce dernier tente quelque chose contre son père. Cependant, on peut avancer une autre raison pour qu’Agnès Sorel se déplace malgré son état : elle se sait une rivale en la personne de sa cousine, Antoinette de Magnelais, qu’elle a elle-même introduite à la cour. Ambitieuse et d’une grande beauté, Antoinette pourrait profiter de l’absence d’Agnès pour s’attacher les faveurs royales. Quelques jours plus tard, la favorite est prise d’une forte fièvre. Agnès Sorel décède le 9 février 1450 à l’âge d’environ 28 ans après avoir accouché prématurément d’une fille qui ne vivra pas et qui sera enterrée avec elle. Très affecté par le décès brutal de sa maîtresse, Charles VII lui fait construire de somptueux tombeaux : le cœur d’Agnès Sorel est placé à l’abbaye de Jumièges et son corps est inhumé dans la collégiale de Saint-Ours à Loches, sous un monument de marbre blanc.

Pour en savoir plus : "Agnès Sorel, la première favorite" de Françoise Kermina

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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par Chantal le 22/12/2010 @ 10:12

Très bonne synthétisation. Nous avons une vue complète tant sur le plan social, contextuel et politique.



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