Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - Charlotte de Belgique. chap. 3 : Vers la folie
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Dernière partie de la biographie de l'Impératrice du Mexique, Charlotte de Belgique
 

L’impératrice Charlotte arrive en France en juillet (1866). Napoléon III tente tout d’abord d’éviter de la rencontrer en prétextant sa mauvaise santé : c’est son épouse, l’impératrice Eugénie, qui accueille Charlotte. Cependant, l’impératrice du Mexique entend bien exposer son point de vue à Napoléon, qu’elle rencontre finalement le 11 août. L’empereur des français reste sur ses positions : il n’a pas eu le choix lorsqu’il a rappelé ses troupes du Mexique, risque un conflit majeur avec les Etats-Unis et n’a toujours pas reçu  les quelques les 300 millions que lui doit le Mexique. Exaspérée, Charlotte fait une crise de nerf  et pense que l’on veut l’empoisonner lorsqu’Eugénie lui propose une orangeade. Cette hantise d’être empoisonnée ne quittera plus la pauvre impératrice du Mexique. Elle entreprend ensuite de demander l’aide du pape Pie IX. Cependant, ce dernier ne souhaite pas entraîner l’Eglise dans la cause mexicaine. C’est au Vatican que Charlotte est prise d’une nouvelle crise nerveuse, avançant qu’elle est entourée d’espions à la solde de Napoléon III qui veut l’empoisonner !  Devant l’état de l’impératrice, le pape fait une entorse à la règle qui veut qu’aucune femme ne puisse dormir à l’intérieur du Vatican : Charlotte se sent  trop en sécurité auprès du Saint-Père pour vouloir partir. Elle passe la nuit dans la bibliothèque et va jusqu’à dicter son testament, persuader que l’on va tenter de l’assassiner. Son frère, le comte de Flandre, vient la chercher pour l’emmener jusque Miramare. Charlotte y est prise en charge par le docteur Jilek, psychanalyste. C’est l’une des rares personnes en qui elle a confiance.  Mais l’état de Charlotte ne s’améliore pas : elle accuse tantôt Napoléon III, tantôt ses frères et même Maximilien, de vouloir l’empoisonner.


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L'impératrice Charlotte


 

A Miramare, Charlotte est sous la protection de l’Autriche. Peu à peu, elle devient totalement prisonnière de sa demeure. L’impératrice avoue qu’elle se sent persécutée par son entourage. Maximilien, prévenu de l’état de santé de son épouse, souhaite venir la chercher mais la situation au Mexique ne lui permet pas : les libéraux ont formé une armée et parviennent à se saisir de l’empereur en mai 1867. Après un procès hâtif, Maximilien est exécuté le 19 juin. Personne n’ose prévenir Charlotte, craignant que celle-ci ne s’enfonce encore davantage dans sa dépression. Sa famille réclame son retour en Belgique, sa patrie d’origine. Cependant, Charlotte a toujours la nationalité autrichienne : l’empereur François-Joseph avait  réintégré son frère dans ses droits d’archiduc, espérant ainsi dissuader les libéraux de l’exécuter. Veuve, Charlotte reste toujours archiduchesse d’Autriche. Pourtant, son frère, Léopold II, souhaite le retour de sa sœur au sein de sa famille. Cette demande n’est pas désintéressée puisque le roi des belges entend gérer la fortune de sa sœur. C’est la reine Marie-Henriette, cousine de l’empereur François-Joseph, qui se rend en Autriche pour négocier le retour de Charlotte. Au cours de l’été 1867, l’ex-impératrice du Mexique quitte Miramare pour le château de Tervueren. Marie-Henriette avouera que sa belle-sœur était comme séquestrée lorsqu’elle l’a trouvé et que son entourage a tout fait pour qu’elle ne puisse la ramener avec elle.  Sa famille belge agit tout autrement puisqu’au lieu d’enfermer Charlotte, il la laisse aller librement, de manière à ce qu’elle ne se sente pas retenue. La reine s’occupe d’elle avec beaucoup de patience et d’amitié. Si le roi est persuadé que le retour de Charlotte au sein de sa famille va améliorer sa santé, il se trompe : sa sœur n’ira jamais mieux. La princesse ne cessera d’affirmer qu’elle a été empoisonnée au Mexique, qu’on a voulu attenter à ses jours. Elle alterne les moments de lucidité avec les moments où elle délire. Malgré sa folie, Charlotte se remet à la musique et à la peinture.

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 Charlotte, impétraice du Mexique


 

En 1868, on avoue à Charlotte la mort de Maximilien. Elle se montre d’abord choquée par cette nouvelle puis reprend  le cours de sa vie. A la fin de l’année, son état se dégrade : elle est persuadée que Maximilien est vivant et qu’il va venir la délivrer de sa famille. Autre détail troublant : Charlotte prend l’habitude de signer « Charles » ou « C. Loysel ». Le graphisme de sa signature est d’une ressemblance troublante avec celle du véritable Charles Loysel, pour qui Charlotte a probablement nourri des sentiments amoureux. Sans doute la princesse rêve-t-elle d’être un homme afin de pouvoir décider de sa vie puisqu’à l’époque, la femme est soumise à l’époux, au père, et ici, aux frères.  La correspondance que Charlotte entretient depuis toujours, notamment avec sa famille des Orléans, cesse définitivement en 1869, signe que la santé mentale de la princesse se détériore. Dans l’une de ses dernières lettres, Charlotte avoue que son mariage ne fut jamais consommé. Cette absence d’enfant a sans doute fortement contribué à plonger la princesse dans la dépression.  Les médecins, qui ont longtemps cru pouvoir soigner Charlotte, se rendent à l’évidence en 1870 : son état mental ne s’améliorera pas. En 1879, suite à un incendie à Tervueren, Charlotte est transférée au château de Bouchout où elle finira sa vie.  Depuis la mort de son fils unique en 1869 (le petit Léopold qui n’avait que 10 ans) Marie-Henriette est de plus en plus tourner vers la dévotion et déléguera, au fil du temps, à ses filles le soin de s’occuper de Charlotte : ce sera d’abord la princesse Stéphanie, née en 1864, qui prendra soin de sa tante. Par la suite, sa sœur cadette, la princesse Clémentine, prendra le relai. Née en 1872, elle est le dernier enfant de Léopold II et de Marie-Henriette. Le couple espérait la venue d’un garçon pour remplacer leur fils disparu. La naissance de Clémentine sera une déception et très vite, la petite princesse sera rejetée par sa mère.  Charlotte prendra sous son aile sa jeune nièce délaissée.
 

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Charlotte, peu de temps avant sa mort, en promenade dans le parc du château de Bouchout


 

En 1912, Charlotte reste la seule survivante de sa génération : ses frères et leurs épouses sont tous décédés. C’est désormais son neveu, Albert Ier, fils du comte de Flandre, qui règne sur la Belgique. Lorsqu’éclate la Première Guerre Mondiale, le gouvernement de Bruxelles demande aux soldats allemands de ne pas déranger la princesse en raison de son grand âge et des malheurs que la vie ne lui a pas épargnés. Charlotte s’éteint le 19 janvier 1927 à l’âge de 86 ans. Si l’on se penche sur la vie de la princesse Charlotte de Belgique, on se rend compte que les nombreux deuils qu’elle a vécu, la perte de la couronne de Lombardie-Vénétie  et surtout la chute de l’empire mexicain, sont autant de drames qui ont fait sombrer la jeune femme dans une mélancolie qui se transformera vite en dépression.  L’échec de son couple y joue également un grand rôle : auprès de Maximilien, Charlotte pense trouver l’amour, un amour qui peut être viendra compenser celui de sa mère, disparue beaucoup trop tôt. Au lieu de cela, elle se retrouve encore plus seule puisque son époux s’éloigne d’elle sans avoir réussi semble-t-il, a consommer leur union. L’absence d’un héritier sera un autre drame pour Charlotte qui vient confirmer au public l’échec de son mariage.  La princesse exprima ce désire d’être mère en voulant adopter l’un de ses neveux autrichien, puis en se montrant très proche de ses nièces. A la fin de sa vie, Charlotte avait également noué des liens très affectifs avec la fille de l’un de ses domestiques. Enfin, on peut penser que Charlotte avait en elle est prédisposition à la dépression : en effet, sa mère, Louise d’Orléans, passait pour une princesse au caractère  résignée et mélancolique.

Pour en savoir plus : "L'impératrice Charlotte, le soleil noir de la mélancolie" de Dominique Paoli

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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par Terme le 04/02/2012 @ 15:47
Très émouvant ! A quand le premier téléfilm...


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