Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - Françoise-Madeleine d'Orléans, duchesse de Savoie
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Le 13 novembre 1648, Marguerite de Lorraine, seconde épouse de Gaston d’Orléans (frère de Louis XIII), met au monde son troisième enfant. Le duc d’Orléans, qui a déjà trois filles, espère enfin un héritier mâle. Déconvenue : c’est encore une fille qu’on prénomme Françoise-Madeleine. Sa naissance, au commencement de la Fronde, passe quasi-inaperçue et la Gazette de l’époque ne fait pas mention de la venue au monde de celle que l’on titre Mademoiselle de Valois. Cette attitude traduit bien le déplaisir de la famille Orléans, qui désire plus que tout la naissance d’un garçon. Françoise-Madeleine est une enfant fragile, souvent malade. Dès qu’elle atteint l’âge de 4 ans, on la fiance avec son cousin le duc d’Enghien, Henri-Jules de Condé. Alliés sous la Fronde, les Orléans et les Condé scellent ainsi leurs ambitions politiques par l’union de leur famille. La santé de Mademoiselle de Valois, qui ne s’améliore pas une fois passé le stade de la petite enfance, demande des soins continuels. De ce fait, sa mère, Marguerite de Lorraine, tient à garder en toute occasion Françoise-Madeleine auprès d’elle. Quant à Gaston d’Orléans, une fois passé la déconvenue de la naissance de sa fille, il s’attache à celle-ci qui est aimée de tous grâce à sa gentillesse. Comme toute princesse, Françoise-Madeleine a une gouvernante, Mme de Raré, qui prend soin d’elle et des autres enfants du couple Orléans. Mademoiselle de Valois n’a que peu d’écart avec ses sœurs aînées, Marguerite-Louise (née en 1645) et Elisabeth Marguerite (née en 1646) et partage avec elles une passion pour la danse et la musique. Plus âgées, les trois sœurs assisteront à de nombreux bals et comédies au Louvre. Deux ans après la naissance de Françoise-Madeleine, l’héritier mâle tant attendu arrive enfin. Hélas, le petit Jean-Gaston n’atteindra pas les 2 ans. L’année de sa disparition, la duchesse d’Orléans met au monde son dernier enfant : une quatrième fille, Marie-Anne, qui décède elle-aussi en bas âge.
 
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Françoise-Madeleine d'Orléans, par Edouard Rioult
 
De ses quatre filles restantes, Gaston d’Orléans ne cache pas sa préférence pour la jeune Françoise-Madeleine. De son premier mariage avec Marie de Bourbon-Montpensier il a une fille, Anne-Marie-Louise, dite Mademoiselle de Montpensier ou la Grande Mademoiselle. Celle-ci compte vingt années de plus que la jeune Mademoiselle de Valois. Refusant de se marier en repoussant les partis qui s’offrent à elle, Mademoiselle de Montpensier souhaite que son père place auprès d’elle l’une de ses jeunes sœurs afin de l’adopter ! Il est vrai que la Grande Mademoiselle, seule héritier des biens des Bourbon-Montpensier, possède une immense fortune et sait fort bien que la seconde épouse de son père est de condition bien inférieure à la sienne. En se plaçant comme protectrice de l’une de ses sœurs, elle lui assure un avenir. Sa préférence va naturellement à Françoise-Madeleine qu’elle affectionne tout particulièrement au point que la petite Mademoiselle de Valois l’appelle sa "petite mère". En revanche, la Grande Mademoiselle dit à qui veut l’entendre qu’elle "n’aime pas ses sœurs" Marguerite-Louise et Elisabeth Marguerite. Un  temps pressentie pour épouser le duc de Savoie Charles-Emmanuel de Savoie, la Grande Mademoiselle est finalement écartée au profit de sa jeune demi-sœur Françoise-Madeleine. En effet, Anne-Marie-Louise compte sept ans de plus que duc de Savoie et, si sa fortune est élevée, l’âge avançant il est de moins en moins certain qu’elle puisse un jour enfanter. Le choix de Françoise-Madeleine semble donc plus sûr. A l’époque, la Grande Mademoiselle est âgée de 34 ans tandis que Mademoiselle de Valois va sur ses 13 ans. Ne souhaitant pas une union entre les Condé et les Orléans, Louis XIV fait casser les fiançailles de Françoise-Madeleine et du duc d’Enghien qui épousera finalement Anne de Bavière.
 
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Françoise-Madeleine, par l'Ecole Française, vers 1664
 
Dès 1662, Mademoiselle de Valois est fiancée à Charles-Emmanuel II de Savoie qu’elle épousera le 4 mars 1663. Né en 1634, le duc de Savoie a perdu son père en 1637. C’est sa mère, Chrétienne de Bourbon (sœur de Louis XIII et de Gaston), dite Madame Royale, qui a assuré la régence. Séparée de sa famille, Françoise-Madeleine s’applique à plaire à son mari et à sa belle-mère. Les époux s’entendent bien et Charles-Emmanuel apprécie les talents de danse de la nouvelle duchesse de Savoie. Quant à Françoise-Madeleine, elle suit le duc fréquemment à la chasse et dans ses déplacements malgré sa santé toujours chancelante. C’est pour cette raison qu’un médecin français a été autorisé à accompagner la jeune princesse en Savoie. Bien souvent, elle se trouve mal, doit rester dans ses appartements où Madame Royale vient lui tenir compagnie. En décembre 1663, son état empire et Louis XIV lui envoie un certain Vaizou qui a déjà soigné le cardinal de Mazarin. Le 27 décembre, Madame Royale décède et Françoise-Madeleine perd avec elle un précieux soutien. Extrêmement touchée par la mort de sa belle-mère, la jeune duchesse voit sa santé se dégrader davantage. Françoise-Madeleine s’éteint le 14 janvier 1664 à l’âge de 15 ans, laissant un mari inconsolable. Charles-Emmanuel organise de splendides funérailles pour sa mère et son épouse. En hommage à la duchesse de Savoir trop tôt disparue, il est écrit « Fugitif éclat de la beauté ! Françoise, des Bourbons de France, fleurs des rois, reines des fleurs, dernier lis et présent éphémère du printemps, venue tard, enlevée trop tôt, comme sont les lis, ne produit que des larmes ! ».


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