Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - Charles Ier. chap. 1 : La jeunesse du prince
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Second fils de Jacques Ier d'Angleterre et de Anne de Danemark, Charles n'est pas appelé à monter sur le trône. Né le 19 novembre 1600 et titré duc d'Albany, l'enfant affiche une santé fragile, ce qui laisse supposer qu'il ne vivra pas longtemps. Souvent en proie à de fortes fièvres, et autres maladies, le petit prince ne sait ni parler, ni marcher à l'âge de 2 ans. Il grandit loin de la famille royale, à Dunfermline, en Ecosse. Durant son enfance, "Baby Charles" -surnom que lui donne Jacques Ier -  est confié à Lady Carey, une gouvernante qui fait de son mieux pour le fortifier. Le duc d'Albany n'aura pas de relations privilégiées avec sa mère, la reine Anne, et se souviendra d'elle comme d'une femme froide. En revanche, il noue des liens très forts avec son père, qui a toujours été proche de ses enfants. Charles fait officiellement son entrée à la cour d'Angleterre en 1606, en tant que duc d'York. A cette occasion, il rencontre son frère aîné Henry-Frédéric (né en 1594), et sa soeur Elisabeth (née en 1596).  Charles a pour l'héritier du trône un profond respect.
 
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Jacques Ier, premier roi de la dynastie Stuart ( 1566-1625), par Paul Van Somer
 
Le 6 novembre 1612,  Henry-Frédéric meurt soudainement d'une maladie (peut être la typhoïde), à l'âge de 18 ans. Le duc d'York, qui jusqu'alors vivait dans l'ombre de son frère aîné, se retrouve projeté au premier rang du jour au lendemain, sans être préparé à la fonction de prince héritier. Charles doit assumer plusieurs charges, Jacques Ier tombant malade suite au décès de son  fils aîné.  Face à ses nouveaux devoirs, le prince compte sur son ami d'enfance, Georges Villiers, duc de Buckingham. Ce dernier est aux côtés de Charles pour l'épauler, notamment lorsque le prince se plaint du fait que le roi Jacques Ier, une fois rétabli, ne lui laisse pas assez de responsabilités. D'ailleurs le "baby Charles", que le roi utilise  encore à l'intention de son fils, est autant un surnom affectif qu'un moyen de rabaisser Charles par rapport à lui. Le prince trouve une nouvelle écoute auprès du duc de Buckingham, lequel influencera vraisemblablement le futur Charles Ier durant les premières années de son règne.
 
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Le duc d'York, héritier du trône d'Angleterre, par Samuel Cooper en 1615

 
 
En 1617, Jacques Ier espère marier son fils avec le fille de Philippe III,  l'Infante d'Espagne Maria-Anna, laquelle pourrait apporter en dot le Palatinat. Cependant, l'Infante très catholique refuse d'épouser un protestant, quand bien même il se convertirait. La venue du prince Charles et du duc de Buckingham en Espagne, pour faire avancer les négociations, n'y change rien. Se sentant déshonorer devant les prétentions de l'Espagne et le refus de l'Infante d'épouser son fils, Jacques Ier met un terme aux négociations et déclare la guerre à Philippe III en 1623, poussé par Charles et Buckingham. L'Angleterre, vexée du comportement  de l'Espagne, souhaite alors s'allier avec l'un de ses ennemis. Jacques Ier se tourne alors vers la France et le jeune Louis XIII, pour demander la main de sa soeur, la princesse Henriette-Marie (née en 1609). Bien que la France soit un pays catholique, l'union avec l'Angleterre est souhaitée en vue de l'alliance politique qui pourrait relier les deux pays. De plus, la princesse Henriette-Marie amène à l'Angleterre une forte dot. Partisan de ce mariage, Jacques Ier ne le voit pas aboutir. En effet le roi, malade depuis le début de l'année, meurt d'une crise de dysenterie le 27 mars 1625, quelques semaines avant l'union de Charles et d'Henriette-Marie. Le mariage a lieu le 13 juin à Canterbury.
 
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Charles Ier et Henriette-Marie par Anthony Van Dyck, en 1632
Lorsque Henriette-Marie de France arrive en Angleterre, elle amène dans sa suite plusieurs jésuites. Le peuple anglais craint alors que la reine ne veuille le convertir. Le couronnement du couple royal pose un réel problème. En effet, Henriette-Marie, soutenue depuis la France par Louis XIII, refuse de se faire couronner dans une église protestante. Charles Ier est, par conséquent, couronné seul, ce qui mécontente le peuple. L'incident rend la nouvelle impopulaire mais ne remet pas en cause l'estime et l'amour que voue Charles Ier à sa jeune épouse.  Les liens qui unissent le roi et la reine sont mal perçus par le peuple, autant que par le Parlement. Tous craignent qu'Henriette-Marie influence le souverain. Si elle déplaît, la reine assure la dynastie des Stuart en donnant neufs enfants à Charles Ier. Mais elle refuse toujours de se convertir et pratique ouvertement sa religion. Elle réussie à garder sa cour française en Angleterre et conseil son époux. Pour certains historiens, la longue chute de Charles Ier commence à partir du moment où la reine Henriette-Marie commence à déranger le peuple anglais.


Pour en savoir plus : "Charles Ier" de Pauline Gregg
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