Le 18 juin 1815, Napoléon Ier est battu à Waterloo. Cette défaite marque un tournant dans l’histoire de la France. Les Bonaparte sont exclus du pouvoir au profit des Bourbon. Pourtant, certains restent fidèles à l’Empereur. Parmi eux, un prince, un membre de sa famille qui tient à redonner aux Bonaparte ce qu’ils ont perdu. Partageant les mêmes idées que son oncle, le jeune Louis-Napoléon entend bien remettre sa famille au pouvoir. Louis-Napoléon Bonaparte naît le 20 avril 1808 à Paris. Il est le fils d’Hortense Beauharnais et de Louis Bonarparte ( frère de l’Empereur) reine et roi d’Hollande. Louis-Napolèon est le premier prince à naître en France depuis la proclamation de l’empire. Après la défaite de Napoléon Ier à Waterloo, une loi bannit les Bonaparte du territoire français et les contraint à l’exil. Louis-Napoléon suit sa mère en Suisse. C’est elle qui commence son éducation avant de le confier à Philippe Le Bas, fils d’un ami de Robespierre qui instaure à l’enfant une éducation sévère. Suivant, l’exemple de son oncle, Louis-Napoléon entre à l’école d’artillerie militaire à Thoune, près de Berne. Le prince sera beaucoup influencé par sa mère et par les souvenirs de l’épopée napoléonienne qu’elle lui raconte. Très vite, Louis-Napolèon se considère comme le successeur de Napoléon Ier (sentiment renforcé avec la mort de l’Aiglon en 1832). En 1827, Hortense renvoie Le Bas qui semble avoir dépassé les limites de son influence sur Louis-Napolèon. Le prince de 19 ans éprouve à cette époque une admiration croissante pour le personnage et les idées de Napoléon Ier et il pense au peuple français qu’il décide de sortir de la misère. Louis-Napoléon fait bientôt la connaissance d’un français bonapartiste : Victor Fialin qui a le même âge que le prince et qui se donne le titre de «duc de Persigny ».

La reine Hortense avec ses fils : Napoléon-Louis et le futur Napoléon III
Bien décidé à se faire connaître, Louis-Napoléon publie en 1835 un manuel d’artillerie destiné à capter l’attention de l’armée française. Mais le prince surestime le courant bonapartiste en France. Le 30 octobre 1836, aidé de Persigny et d’autres bonapartistes, Louis-Napoléon tente de soulever la garnison (les troupes militaires) à Strasbourg. La tentative du coup d'Etat échoue et le prince doit s’exiler aux Etats-Unis. La mort de sa mère en 1839, lui fourni assez d’argent pour partir en Angleterre où il lance son manifeste : idées napoléoniennes et le projet d’un futur régime. Encouragé par les ventes de son ouvrage (500.000 exemplaires en Europe) et par l’impopularité de la Monarchie de Juillet, Louis-Napoléon tente un nouveau coup d’Etat à Boulogne le 6 août 1840. Cette fois, le prince est arrêté et condamné à la prison à perpétuité. Louis-Napoléon est incarcérer dans la forteresse de Ham, en Picardie. Il s’en évadera en 1846 pour s’installer à Londres.

Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III
Avec la révolution de février 1848, Louis-Napoléon voit l’occasion de s’affirmer. Mais en mai et juin, la France est confrontée à une aggravation de la crise économique et sociale ainsi qu’à des émeutes qui annonce des révolutions européennes. Louis-Napoléon laisse Persigny poser sa candidature. L’élection du prince est validée le 13 juin mais il renonce à siéger le 16 face à la crise en France. Louis-Napoléon annonce sa nouvelle candidature dès le 26 octobre. Le prince multiplie les contacts avec les militaires et obtint l’adhésion de plusieurs notables (Odilon Barrot, Molé et Thiers). Il annonce un allégement des impôts, de grands travaux pour lutter contre le chômage et la création d’institutions de la prévoyance sociale. Lors de l’élection du 10 décembre, Louis-Napoléon obtient 74% des suffrages exprimés. Le prince prend ses fonctions le 20 décembre. Ce triomphe est assombri par la Constitution de la II République limitant son mandat présidentiel à quatre ans. Louis-Napolèon choisit comme principal ministre Odilon Barrot. Mais bientôt, le prince revendique sa responsabilité personnelle dans la conduite des affaires. Ne pouvant faire modifier la Constitution, Louis-Napoléon décide de faire un coup d’Etat. Le 2 décembre 1851 (date d’anniversaire du sacre de Napoléon Ier et de la victoire d’Austerlitz), une proclamation affichée dans les rues de Paris annonce la dissolution de l’Assemblée, le rétablissement du suffrage universel et un plébiscite (scrutin par lequel les citoyens accordent leur confiance à Louis-Napoléon ) autorise le prince à donner à la France des institutions renouvelées de l’empire. Le 15 janvier 1852, suite à une majorité de « oui » lors du scrutin, le mandat présidentiel est porté à dix ans. Le 21 novembre, Louis-Napoléon organise un nouveau plébiscite pour le rétablissement de la dignité impériale. Avec une forte majorité de « oui », Louis-Napoléon devient Napoléon III.