Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - Françoise de Maintenon, l'épouse secrète du Soleil
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Françoise d’Aubigné naît à Niort le 24 novembre 1635 à conciergerie du Palais de Justice. Son père, Constant d’Aubigné y est incarcéré pour le meurtre de sa première épouse et de son amant. Sa seconde femme, Jeanne de Cardillac lui a déjà donné deux fils : Constant (1629-1646) et Charles (1634-1703). Jeanne ayant obtenu le droit de rester auprès de son époux, elle met au monde son dernier enfant derrière les barreaux. Le bébé est baptisé Françoise en l’honneur de son parrain, François de la Rochefoucauld. La famille d’Aubigné est sans le sou et c’est la tante paternelle de Françoise, Louise-Arthémise épouse du seigneur de Villette, qui prend soin de la fillette à partir de 1638 jusqu’en 1643. C’est en elle que Françoise trouvera une véritable mère, Jeanne d’Aubigné n’aimant pas vraiment sa fille la considérant comme un poids dans sa vie déjà bien difficile. Françoise a 8 ans lorsque sa famille la reprend, Constant étant sorti de prison et s’étant mis en tête d’aller faire fortune en Guadeloupe. Une fois sur place, il abandonne vite femme et enfants pour retourner en France chercher des appuis financiers, son aventure aux Amériques se révélant un échec. En 1647, Jeanne et ses enfants sont de retour en France. C’est pour apprendre la mort de Constant. La famille de Françoise vit alors dans la misère. La fillette et son frère Charles en sont réduits à aller demander un peu de nourriture aux portes des couvents. Françoise n’oubliera jamais cette époque où elle se sentait humiliée sans cesse. En 1648, Louise-Arthèmise se propose de reprendre François ainsi que son frère aîné Constant, Charles ayant était placé comme page ailleurs. Chez les Villettes, Françoise est très proche du jeune Philippe tandis que sa tante la considère comme son cinquième enfant. La mort tragique par noyade de Constant n’émeut pas sa jeune sœur qui était peu attaché à ce frère, qui semblait s’être attaché l’amour exclusif de leur mère. A la fin de l’année, Françoise est retirée à son nouveau foyer par Mme de Neuillant, mère de sa jeune marraine, Susanne de Baudéan (future maréchale de Navailles). Cette dernière s’offusque que Françoise soit dans une famille huguenote et compte en faire une bonne catholique. La jeune fille sera mise chez les ursulines de Niort quelques mois où elle trouvera en la sœur Céleste une seconde mère qui parvint à la faire pencher du côté catholique quoiqu’on ne puisse dire que Françoise fut un jour tout à fait huguenote. Retirée ensuite du couvent, Françoise doit travailler telle une domestique pour sa fausse tante qui avare, l’habille en pauvrette et lui fait garder les oies. En 1650, Mme de Neuillant se rend à Paris pour préparer le mariage de Susanne. Elle y emmène Françoise pour la déposer aux ursulines de Paris afin qu’elle y termine son éducation religieuse.
 

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Mme Scarron vers 1670


Au début de l’année 1651, Françoise rencontre Paul Scarron, un poète infirme qui, séduit par la jeune fille timide, lui propose de la doter afin qu’elle rentre en religion ou de l’épouser ! Connaissant son avarice, ce n’est pas Mme de Neuillant qui procurerait à Françoise une dote pour se faire religieuse ou pour se marier. On pense que Françoise optera pour la première proposition de Scarron, or, elle préfére « l’épouser plutôt qu’un couvent ». Chose qui est faite le 4 avril 1652 à Paris. Françoise d’Aubigné a alors 16 ans, Paul Scarron en compte presque 42 ! Pour l’occasion, on est parvenu à retrouver Jeanne d’Aubigné qui signe une procuration pour le mariage de sa fille…auquel elle ne vient pas. On perd ensuite toute trace de la mère de Françoise qui passe pour être décédée peu après.Chez Scarron, des personnes de hauts rangs se fréquentent. Françoise tient ainsi salon et apprend à plaire à travers sa conversation. Elle ne répond pas aux quelques billets galants qu’elle reçoit mais elle est ainsi assurée d’avoir un avenir après la mort de Scarron en formant un réseau de connaissances autour de sa personne. En effet, la haute société vient chez Scarron : le maréchal d’Albret, le marquis de Villarceaux, les Richelieu….Françoise y fait bientôt la connaissance de Ninon de Lenclos qui passe pour avoir eu dans son lit tous les gentilshommes de Paris. Le 6 octobre 1660, Paul Scarron meurt, laissant son épouse de 25 ans dans la misère. Françoise, couverte de dettes, voit ses bien saisis et doit se retirer au couvent des Hospitalière. Elle bénéficie d’une faible pension accordée par Anne d’Autriche grâce à l’appuie de ses amies rencontrées à l’hôtel d’Albret, Mmes d’Heudicourt et de Montespan. Désormais veuve, Françoise n’a plus que sa bonne réputation comme bien. Mariée à un homme malade et vieux, elle ne l’a jamais humilié ou trompé, ce qui lui apporte l’estime de tous. Elle rend service à tout le monde et ne demande jamais rien pour elle. Cependant, maintenant que Scarron est mort, Françoise répond plus favorablement aux attentes du marquis de Villarceaux : il est probable qu’elle fut sa maîtresse de 1661 à 1663. En 1668, Françoise fait ses premiers pas à la cour lors d’une fête à Versailles à laquelle Athénaïs de Montespan l’a invité. Cette année là justement, Françoise prend en charge la petite Louise d’Heudicourt. Son entourage peut voir combien Mme Scarron s’occupe des enfants avec tendresse et dévouement. Ainsi, en 1669, Mme de Montespan demande à Françoise de bien vouloir prendre soin secrètement de l’enfant qu’elle a mis au monde en mars et dont le père se trouve être Louis XIV ! Françoise accueille bientôt un second bébé de la marquise, un fils, en mars 1670. Elle élève les enfants illégitimes du roi comme s'ils avaient été les siens, se faisant le plus discrète possible pour ne pas attirer l’attention. Même ses amis ignorent ses activités au service du roi. A partir de 1672, date à laquelle Mme de Montespan donne un troisième enfant au roi, les bâtards de Louis XIV sont réunis dans une maison à Vaugivard. Pour éloigner les soupçons, Françoise continu à prendre avec elle la petite Louise d’Heudicourt ainsi qu’un petit garçon prénommé Toscan. Ce dernier serait un fils illégitime de son frère Charles bien que certains historiens se demandent si Toscan ne serait pas le propre fils de Françoise issu d’une liaison coupable. Quoiqu’il en soit cet enfant mourut vers l'âge de 10 ans.

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Mme de Maintenon et sa nièce par Louis Ferdinand Elle

En 1674, une fois que Louis XIV a légitimé ses bâtards, Françoise Scarron vient vivre à la cour en tant que gouvernante des enfants de Sa Majesté et de la marquise de Montespan. Mais Françoise supporte de moins en moins les colères d’Athénaïs qui lui reproche de s’accaparer ses enfants et plus particulièrement le duc du Maine. En effet, Louis-Auguste, né en 1670, souffre d’un problème de jambes qui demande des soins particuliers et plusieurs traitements lourds. Louis XIV adore ce fils et prend régulièrement des nouvelles de sa santé. Il le confiera à plusieurs reprises à Françoise qui l’emmène faire des cures à Barèges. Par conséquent, le monarque passe de plus en plus de temps avec la gouvernante. Ce fils que Mme Scarron surnomme « mon Mignon » finira par détester sa mère. En 1675, le roi titre Françoise marquise de Maintenon et lui assure un revenu confortable. Pour certains, c'est à ce moment que Louis XIV commence à porter un grand intérêt à Françoise. En 1679, le roi prend une nouvelle maîtresse, Marie-Angélique de Fontanges. Bien que cette relation est de courte durée, elle sonne la fin du règne de la marquise de Montespan. L’année suivante, Françoise de Maintenon quitte son service auprès d’Athénaïs pour devenir dame d’atout de la dauphine Marie-Christine de Bavière. Elle essaye ensuite de rapprocher le roi de la reine Marie-Thérèse pour son Salut. Après la mort de celle-ci, la marquise de Maintenon épouse secrètement le roi dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683. Françoise s’intéresse de très près à toutes les affaires politiques et militaires du royaume. Si elle s’occupe surtout du Salut du souverain, elle s’inquiète également de celui des membres de sa famille. Ainsi, elle enlève à son cousin protestant, Philippe de Villette, sa fille, Marthe-Marguerite pour lui donner une éducation catholique. Françoise la mariera en 1686 avec le comte de Caylus. Considérant son frère Charles et son épouse incapables d’élever convenablement leur fille unique, Françoise-Charlotte, Mme de Maintenon leur retire sa nièce et se charge de son éducation comme si elle était sa propre fille. Celle-ci épousera le duc du Noailles en 1698.

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Mme de Maintenon par Mignard


En 1686, la marquise de Maintenon crée avec le roi l’établissement de Saint-Cyr, qui accueille les jeunes filles pauvres de la noblesse afin de les préparer à leur vie de femme, d’en faire de bonnes épouses. Cependant, les années passantes, les règles de Saint-Cyr se durcissent et l’établissement prend des allures de véritable couvent. Quant à son mariage avec le roi, c’est un échec. Plus les années passeront et moins Louis et Françoise se supportent ! Néanmoins, le roi ne peut se passer de son épouse morganatique qu’il appelle « Votre Solidité ». Mme de Maintenon trouve une fille en la personne de Marie-Adélaïde de Savoie, qui épouse en 1696 le petit fils de Louis XIV, le duc de Bourgogne. Très vite, la jeune duchesse de Bourgogne  appelle Françoise par « ma tante ». Hélas, l’âge avançant, la petite fille espiègle devint une jeune fille capricieuse aux dires de Mme de Maintenon qui s’arrange toujours pour cacher les débordements de sa protégée à Louis XIV. En février 1712, la variole emporte la duchesse de Bourgogne puis son époux. Louis XIV et la marquise de Maintenon en éprouvent un vif chagrin, peut être le plus gros qu’ils n’ont jamais eu tant ils étaient attachés à Marie-Adélaïde. Les dernières années sont celle d’un vieux couple. A la mort de roi en 1715, Françoise part pour Saint-Cyr où elle meurt le 15 avril 1719.

pour en savoir plus : "Madame de Maintenon" de Jean-Paul Desprat    

Madame_de_Maintenon.jpg


Réactions à cet article

Réaction n°5 

par Anais_Geeraert le 08/12/2010 @ 18:30
Constant d'Aubigné (1585-1647) était le fils d'Agrippa d'Aubigné, ami d'Henri IV . Il épousa en 1608 Anne Marchant, qu'il assassina en 1619 avec son amant. De cette union étaient nés deux fils morts jeunes. En 1627, Constant se remarie avec Jeanne de Cardillac (1611- décèdée après 1652) dont il aura trois enfants, cités dans la biographie de Mme de Maintenon ci-dessus.

Réaction n°4 

par Landry le 04/12/2010 @ 07:20
Pouvez-vous me donner une petite biographie des parents de Mme de Maintenon? Ainsi que leurs dates de naissance et de décès? Merci pour tous.

Réaction n°3 

par Alexandra le 31/07/2009 @ 03:42

Merci pour ce bel artcile ! J'aimerais tout de même répondre aux commentaires précédants.... La marquise de Maintenon bien qu'elle ait eu des charmes n'était pas réputée comme specialement belle ! J'en prends comme source (en plus des nombreux témoignages de ces comptemporains) qu'un ambassadeur d'un pays étranger, après avoir rencontré madame de Maintenon, aurait dit "c'est donc cela la femme du plus grand roi du monde !" Quand à la qualifier de perle... Il y a une marge selon moi, personnellement, je n'apprecie pas cette femme ! Elle pouvait bien prêchait des remontrances à madame de Montespan, alors qu'elle-même était le maitresse du roi ! Alors qu'elle devait tout à cette dernière, elle n'hésita pas à prendre sa place dans le coeur du roi, mais aussi dans celui du duc du Maine, dont elle ne se gênait pas pour essayer de faire baisser la marquise de Montespan dans l'esprit de ce dernier. Pour moi cette femme n'est qu'une hyppocrite.


Réaction n°2 

par bambou le 21/11/2008 @ 22:21

merci pour ce superbe article.

mon fils de 18 ans vient de m'offrir les maitresses de Louis XIV de Roméa d'Améor pour mon anniversaire, c'est un parfum magnifique qui me fait penser à chaque fois à cette magnifique femme. Cela sent le muguet et le narcisse dans la forêt de brocéliande, c'est magnifique.

allez le sentir par curiosité, on est immédiatement transportées à la cour de Versailles!



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