Historia

Les ancêtres de Dieu

Le magazine Historia consacre son mensuel aux ancêtres de Dieu, à travers les différentes civilisations, sous l’Antiquité. Car aussi loin que remontent les sources écrites, il est question de plusieurs dieux vénérés sous différentes appellations, selon les régions du monde, jusqu’à l’émergence, au fil du temps, d’un Dieu unique.

Pour avancer, l’Homme a besoin de se raccrocher à des croyances, lorsqu’il ne peut trouver une explication scientifique. La peur de la mort, l’angoisse de l’au-delà, ont ainsi poussé les hommes à se rattacher à un ensemble de divinités, jusqu’à créer une véritable “généalogie divine” avec un ordre hiérarchique au ciel, comme c’était le cas sur terre. Ces croyances donnent ainsi naissance aux premiers sentiments religieux.

Au-delà des écrits, on se rend compte, grâce aux fouilles archéologiques, que les hommes ont toujours eu des rites funéraires, afin de rester “en contact” avec leurs ancêtres. Une manière, sans doute, de se rassurer quant à leur propre mort. Découvrez comment, depuis  les sociétés préhistoriques, les hommes vénèrent leurs aïeuls grâce aux nécropoles qui sortent de terre, bâties dans la pierre qui va défier le temps qui passe, et traverser les siècles.  Percez les mystères des cultes des défunts, qui ont pour but de construire l’histoire et l’identité d’un peuple en se basant sur ses “ancêtres fondateurs”.

Sous l’Antiquité, chaque civilisation a ses propres dieux et chaque divinité est associée à une fonction  (guerre, amour, fertilité…). En Grèce, chaque cité est placée sous la protection d’une seule divinité,  à l’exemple de la ville d’Athènes, qui voue un culte à Athéna, déesse de la guerre mais également de la sagesse et protectrice des artisans. Ainsi, une divinité peut avoir plusieurs rôles et peut être vénérée sous une autre identité, par un autre peuple : à Rome, Athéna est identifiée à Minerve (déesse de l’intelligence, de la stratégie et des arts). Il est également curieux de constater que certaines déesses sont autant – voire plus – puissantes que des dieux masculins, à une époque où la femme est soumise à l’homme toute sa vie, et où son rôle dans la société est souvent limité à la procréation. Or, Athéna est une figure guerrière, un domaine totalement fermé aux femmes.

La hiérarchie des dieux peut également être “mouvante” : si les divinités sont organisées autour d’un “dieu suprême”, certaines prennent de l’importante au fil du temps, tandis que d’autres s’effacent. En Egypte, le culte du dieu Amon s’étend jusqu’à ce que cette divinité devienne “roi” des autres dieux.  Que penser d’Isis, déesse de l’amour mais aussi de la magie et de la fertilité, qui est considérée comme la mère et protectrice des pharaons ? Souvent représentée en train d’allaiter son fils Horus, n’a-t-elle pas influencé la conception chrétienne de la Vierge Marie et de l’enfant Jésus ?

Car en effet, comment est-on passer d’une multitude de divinités à un Dieu unique  ? Est-ce dû à l’évolution des mentalités à travers le temps ? Tout porte à croire qu’à force d’être tiraillés entre plusieurs divinités, les peuples se soient progressivement tournés vers un seul Dieu. Découvrez comment s’est effectuée cette transition, qui sonna le glas de nombreuses entités célestes pour emmener les hommes vers le monothéisme, vers un Dieu “jaloux”.

Si, auparavant, les divinités étaient représentées sous des formes humaines ou animales, le Dieu unique n’a pas d’image qui lui est associée. En revanche, si le Mont Olympe s’est vidé de ses célestes occupants, d’autres entités intermédiaires sont venus repeupler le ciel, et restent indissociables de la religion : les anges, les saints…qui permettent aux hommes de se sentir plus proches de Dieu.

Mais l’idée d’un Dieu unique peut-elle expliquer les querelles religieuses qui opposent, encore aujourd’hui, des peuples voisins ? Historia vous livre les clefs pour comprendre l’évolution des croyances, la cohabitation des – trop ? – nombreuses divinités, ainsi que  l’apparition de nouvelles religions à travers le monde, qui prônent toutes désormais un Dieu unique.

mensuel N° 877 / janvier 2020

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