Sous la Russie Impériale

Catherine Ire, la bien-aimée de Pierre le Grand

Le 14 avril 1684, Elisabeth de Moritz, épouse de Samuel Skavronski, donne naissance à une fille, Marthe Hélène Skavronska, en Livonie (actuelle Estonie). Le couple est pauvre et vit dans une ferme. L’année suivante, la petite Marthe perd sa mère. Pendant la guerre russo-suédoise, Marthe est violée et sur le point d’entrer dans un bordel. Elle évite ce déshonneur en épousant un soldat suédois, Jean Rabe, en 1702. Ce dernier la vend pour sa grande beauté et Marthe est forcée de se prostituer, après la prise de Marienbourg par les russes. Tombé sous le charme de la jeune femme, Alexandre Menchikov – chef militaire et ami du tsar Pierre le Grand – parvient à acheter Marthe et l’emmène à Moscou. Si Menchikov a pour projet d’en faire sa femme, il doit vite céder la place au tsar , qui est tombé amoureux fou de Marthe , rebaptisée  Catherine.

A cette époque, Pierre le Grand est marié à Eudoxie Lopoukhina dont il a un fils, Alexis (né en 1690). De plus, Catherine n’est pas de haute naissance. Pourtant, Pierre Ier décide de garder Catherine, et de l’installer auprès de lui. Celle-ci donne plusieurs enfants au tsar avant qu’il ne se décide à divorcer de sa première femme, pour épouser secrètement Catherine, le 8 novembre 1707.  Entre temps, le premier époux de Catherine, Jean Rabe, était mort. Durant longtemps, Pierre le Grand garde son union secrète, même pour ses ministres et sa famille. Ce n’est qu’en 1711 qu’ il présente Catherine comme son épouse et non plus comme sa maîtresse. C’est cette année que Catherine suit le tsar lors de sa campagne contre les Turcs.

L’année suivante, Pierre Ier organise son mariage officiel avec Catherine. Bien que le tsar ait quelques relations extra-conjugales  durant son second mariage, Catherine reste le grand amour de sa vie, celle  qui parvient à apaiser ses colères et à le comprendre. Catherine est décrite comme chaleureuse, gaie et robuste, ne se montrant jamais maussade. Soutenant son époux dans sa politique, Catherine joue un rôle déterminant pour la Russie : en 1711, elle  négocie avec l’ennemi turc qui détient le tsar, et donne tous ses bijoux pour obtenir le départ du Grand Vizir. La paix est signée grâce à l’épouse de Pierre le Grand.

Catherine Ire et Pierre le Grand, par Jean-Marc Nattier (1717)
Catherine Ire et Pierre le Grand, par Jean-Marc Nattier (1717)

Catherine est toujours présente aux côtés de son époux, approuvant ses décisions, et le soutenant dans les moments de doutes. Le couple très uni, aura douze enfants. Hélas, beaucoup sont victimes de la mortalité infantile, et décèdent en bas âge :
– Pierre (1704-1707)
– Paul (1705-1707)
– Catherine (1707-1708)
– Anne (1708-1728), mariée en 1725 à Charles-Frédéric de Holstein-Gottorp (mère du futur tsar Pierre III)
– Elisabeth (1709-1762), future impératrice de Russie
– Nathalie (1713-1715)
– Marguerite (1714-1715)
– Pierre (1715-1719)
– Paul (né en mort en 1717)
– Nathalie (1718-1725)
– Pierre (né et mort en 1723)
– Paul (né et mort en 1724)

En 1724, Catherine est faite tsarine et devient officiellement Catherine Ire. Après le sacre de son épouse, Pierre Ier commence par être gagné par la fatigue. Sa santé se dégrade et il souffre de maux de tête, qui viennent s’ajouter à des problèmes de reins. Le 25 janvier 1725, le tsar  souhaite  faire son testament mais tombe dans le coma avant d’avoir écrit à qui il lègue le pouvoir. Pierre le Grand meurt le 8 février sans avoir repris connaissance. Durant les derniers jours du tsar, Catherine Ire est restée à ses côtés. Alexandre Menchikov songe alors à épouser la jeune veuve, afin d’exercer le pouvoir. Un autre chagrin  frappe alors la tsarine : le 8 mars de la même année, sa fille Nathalie décède et rejoint Pierre le Grand dans la cathédrale Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg, où repose la famille des Romanov.

L'impératrice Catherine Ire (anonyme)
L’impératrice Catherine Ire (anonyme)

Catherine Ire, reconnue impératrice de toutes les Russies, ne se remarie pas. Elle poursuit l’œuvre de civilisation entreprise par Pierre Ier, laissant néanmoins beaucoup de pouvoirs aux ministres, et à Alexandre Menchikov. En 1727, Catherine Ier s’éprend d’un jeune officier et commence un régime, afin de perdre du poids. S’en suivent d’importants troubles cardiaques. Le 21 janvier 1727, la tsarine passe en revue vingt mille hommes dans un froid glacial, après la bénédiction des eaux glacées du fleuve. Catherine  tombe malade et s’éteint le 17 mai 1727, à l’âge de 43 ans. Dans son testament, elle désigne comme successeur le prince impérial Pierre, né en 1715 – fils d’Alexis Romanov -, petit-fils de Pierre le Grand et de sa première épouse Eudoxie. 

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