Histoire des Reines

Jeanne III d’Albret et Antoine de Bourbon

Qui se souvient encore des parents d’Henri IV avant les conflits religieux ? Si le premier roi de France de la branche Bourbon délaissa toujours ses épouses pour des maîtresses, ses parents vécurent une histoire d’amour très forte…qui fut gâchée par une couronne.

Le 14 juin 1541, Jeanne d’Albret, princesse de Navarre, épouse Guillaume de la Marck, duc de Clèves, un homme que la jeune fille déteste. Au soir de la nuit de noce, la mariée est victime d’une crise de nerfs et le mariage ne sera pas consommé. En 1545, l’union est déclarée nulle pour non consommation. Le 20 octobre 1548, Jeanne devient la femme d’Antoine de Bourbon duc de Vendôme, son cousin lointain. Rapidement une fort belle entente naît entre les époux. On dit la nouvelle duchesse de Vendôme « plus belle qu’une Grâce ». Le roi de France Henri II dira qu’il n’a jamais vu plus joyeuse mariée que Jeanne. Au lendemain du mariage, Antoine de Bourbon annonce fièrement qu’il a fait « son devoir » par six fois et « fort gaiement ». Le mari et la femme se plaisent. Jeanne aime l’humour et le tempérament gaillard de son époux ;  Antoine adore la gaieté permanente de la petite duchesse. Le 21 septembre 1551, Jeanne met au monde son premier enfant, le duc de Beaumont. Deux ans plus tard, le petit prince est mort. Alors que Jeanne éprouve beaucoup de peine, Antoine lui apporte le plus tendre réconfort et le 13 décembre 1553 naît un nouveau « petit fruit » : le futur Henri IV. Le duc de Bourbon fait figure d’époux attentif et aimant, ainsi que de père attentionné. Au total, c’est cinq enfants de l’amour que Jeanne lui donne mais seuls le futur Henri IV et leur dernier enfant, Catherine, survivent à la petite enfance. En 1555, à la mort de son père, le roi Henri II d’Albret,  Jeanne d’Albret  – fille unique – devient la reine de Navarre sous le nom de Jeanne III. La loi salique n’existant pas en Navarre, elle a désormais symboliquement  plus de pouvoir que son mari, qui, malgré le fait de devenir roi de Navarre, reste dans tous les esprits comme n’étant qu’ un « simple » duc de Vendôme.

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Jeanne III d’Albret (anonyme)
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Antoine de Bourbon, par Léonard Limosin 

A partir de ce moment, les relations dans le couple se dégradent doucement mais surement. Jeanne est vite déçue de la vanité et de l’ambition d’Antoine qui désire être le seul dépositaire d’une couronne, afin gouverner pour de bon. Voir sa femme reine et n’être roi que grâce à elle le rend malade de jalousie. Il prend une maîtresse, Louise de La Béraudière dite « la belle Rouet » dont il aura un fils. Peut-être aime-t-il vraiment Louise, mais il est certain que le duc de Vendôme entame cette relation pour déplaire à Jeanne, la rendre jalouse, lui montrer qu’il peut être indépendant de la reine de Navarre. Après la naissance de Catherine en 1559, Jeanne et Antoine ne sont plus que des étrangers l’un pour l’autre. De leur amour, il ne reste que des souvenirs. Désormais ils vont s’affronter jusqu’à la mort d’Antoine en 1562 sur le terrain de la religion : Jeanne devient protestante tandis qu’ Antoine s’affirme catholique et tous deux désirent influencer leur fils Henri.
Voilà comment  l’héritage du royaume de Navarre fit perdre à Jeanne d’Albret le cœur d’Antoine de Bourbon.
 

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