Les enfants royaux

06. Philippe-Charles, duc d’Anjou, fils de Louis XIV

Le 5 août 1668, la reine Marie-Thérèse met au monde son deuxième fils, titré  duc d’Anjou, au château de Saint-Germain-en-Laye. Louis XIV confiera « avoir senti plus fortement la joie de la naissance de cet enfant que du dauphin ». En effet, le petit duc d’Anjou arrive après la naissance de trois filles et était, par conséquent, fort désiré compte tenu des diverses maladies par lesquelles le dauphin, alors âgé de 7 ans, est déjà passé. L’arrivée de ce second fils vient donc consolider la dynastie et apporte la sérénité  pour l’avenir, au sein du couple royal. Le jeune prince est baptisé le 24 mars 1669 dans la chapelle des Tuileries et reçoit le prénom de Philippe-Charles, en hommage à son grand-père paternel Philippe IV d’Espagne, et en l’honneur de son successeur, Charles II (le demi-frère de Marie-Thérèse). La reine convoite pour le petit duc d’Anjou les biens de la cousine de Louis XIV, Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier. Cependant, la Grande Mademoiselle, qui ne s’est jamais mariée et n’a pas eu d’enfant, souhaite convoler avec le duc de Lauzun, un gentilhomme bellâtre et volage, de six ans son cadet. Marie-Thérèse espère bien la faire renoncer à ce projet, afin que son fils cadet hérite des richesses de la Grande Mademoiselle, qui est devenue la femme la plus riche de France. Louis XIV ne donnera finalement pas son accord pour le mariage de sa cousine (en 1670). 

Le duc d'Anjou (détail du tableau de Jean Nocret, 1670)
Le duc d’Anjou (détail du tableau de Jean Nocret, 1670)

Le duc d’Anjou tombe malade au début du mois de juillet 1671, alors que la cour se trouve en Flandre. Prévenus de l’état de santé préoccupant de son fils, le couple royal rentre à Saint-Germain-en-Laye pour être auprès de lui. Victime d’une fluxion de poitrine (comme sa sœur Anne-Elisabeth) Philippe-Charles meurt le 10 juillet 1671, juste avant le retour de Louis XIV et de Marie-Thérèse, qui  apprennent le drame le lendemain, par l’évêque Bossuet. La disparition ce prince leur cause un profond chagrin. La reine est anéantie par le décès brutal de son fils et ne trouve de consolation que dans la religion. Mme de Sévigné parle d’une « perte considérable » à l’annonce de la mort de Philippe-Charles. Celui-ci est inhumé le 12 juillet à Saint-Denis. Le petit duc d’Anjou a été immortalisé par Jean Nocret, sur le tableau représentant la famille royale dans l’Olympe : il y figure en angelot, auprès de sa mère.

Bibliographie :

Marie-Thérèse d’Autriche : épouse de Louis XIV, par Joëlle Chevé
– Madame Louis XIV, par Bruno Cortequisse

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