Les enfants royaux

13.Louis-Joseph, duc de Bourgogne, frère de Louis XVI

Le fils aîné du dauphin Louis-Ferdinand et de Marie-Josèphe de Saxe naît le 13 septembre 1751. Réveillée par les douleurs de l’accouchement, la dauphine accouche sans témoins, pourtant indispensables pour éviter les soupçons de substitution. Le dauphin attire alors dans la chambre de son épouse plusieurs domestiques pour constater la naissance du bébé, toujours attaché à sa mère par le cordon ombilical. L’enfant est titré duc de Bourgogne et est promis à régner un jour. Il sera baptisé le 29 novembre 1760 des prénoms de Louis-Joseph Xavier. Le jeune prince se montre bien vite précoce pour son âge. Ce fils est le préféré de ses parents et sa mère, Marie-Josèphe, l’appelle familièrement “chou d’amour”. A la cour, il fait la fierté de sa famille et tout le monde voit déjà en lui un grand roi. Il adore sa sœur aînée, Marie-Zéphyrine, qui décède malheureusement en 1755. En 1758, le duc de Bourgogne quitte sa gouvernante pour “passer aux homme”. Il développe un esprit vif, une grande pitié et ravit par son intelligence. Ses parents s’investissent personnellement dans son éducation  (religion, Histoire, latin…). Cependant, ses précepteurs doivent aussi faire face à un jeune prince sûr de lui et imbu de lui, ayant conscience de son rang, ce qui le rend parfois arrogant.

Louis-Joseph de Bourbon, par Jean-Marc Nattier (1754)
Louis-Joseph de Bourbon, par Jean-Marc Nattier (1754)

En 1759, Louis-Joseph fait une mauvaise chute, d’un cheval de bois, à cause de l’un de ses camarades de jeux. Pour éviter à son ami d’être  réprimandé, le petit prince ne dit rien de l’accident. Il est vrai que Louis-Joseph est également connu pour sa grande bonté. Au fur et à mesure que le temps passe, la santé du duc de Bourgogne se détériore. Le médecin Barbier opère plusieurs fois l’enfant à la cuisse pour “faire sortir le mauvais pus”. C’est avec beaucoup de courage que le jeune prince supporte les interventions chirurgicales, durant lesquelles on creuse parfois jusqu’à l’os. Bientôt, le duc de Bourgogne ne peut quitter son lit. Nous sommes en 1760. Le petit prince s’ennuie et s’inquiète même du retard qu’il prend dans ses études. Pour le distraire, on introduit à son chevet son jeune frère, le duc de Berry (futur Louis XVI). Louis-Joseph traite alors son cadet avec fermeté, le considérant comme étant l’un “de ses sujets”. Bien que le duc de Bourgogne soit dur avec son frère, personne ne songe a le lui faire remarquer, en raison de sa maladie. Le duc de Berry, qui tombe malade, est heureusement retiré à son frère aîné, dont l’état empire. Louis XVI restera traumatisé de la vision de son frère agonisant, dont il était devenu le souffre-douleur.

Pastel du duc de Bourgogne, par Jean-Martial Fredou (1760)
Pastel du duc de Bourgogne, par Jean-Martial Fredou (1760)

Les médecins ont diagnostiqué la tuberculose osseuse et le jeune Louis-Joseph sait qu’il va mourir. Pourtant le prince se comporte en homme et semble résigné. Avant de décéder, le 22 mars 1761, le duc de Bourgogne a un moment de faiblesse  – mais peut-on lui reprocher à son âge ? – et laisse échapper dans un cri : “maman”. Louis-Joseph n’a pas dix ans lors de sa mort. Sa mère, Marie-Josèphe, ne se remettra jamais de la perte de son fils. L’image de ce frère défunt poursuivra  le futur Louis XVI, qui doutera toujours de sa légitimité à régner : à la différence de Louis XVI, qui n’a jamais voulu monter sur le trône, Louis-Joseph avait été éduqué pour “le métier de roi” et montrait un certain goût pour le pouvoir et l’autorité. Lorsque son premier fils naît en 1781, Louis XVI lui donne les prénoms du duc de Bourgogne, trop tôt disparu. 

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