Favorites Royales

Agnès Sorel, passion de Charles VII

Fille de Jean Sorel (ou Soreau), seigneur de Coudun,  et de Catherine de Maignelais, Agnès Sorel naît vers 1422, en Touraine, dans une famille noble. Agnès a quatre frères et son éducation est confiée à l’épouse de son oncle maternel, Marie de Jouy, afin de la préparer à occuper la charge de demoiselle d’honneur, comme il est d’usage pour de nombreuses jeunes filles issues de la noblesse. Vers l’âge de 15 ans, Agnès entre au service de la reine de Sicile, Isabelle de Lorraine, épouse de René Ier d’Anjou. Ce dernier est le frère de la reine de France, Marie d’Anjou, épouse de Charles VII. D’une grande beauté, qui correspond alors à l’idéal féminin, Agnès est remarquée par Charles VII en 1443, à Saumur, lorsque ce dernier est reçu sur les terres du roi René.

Agnès Sorel devient rapidement la maîtresse de Charles VII, qui parvient à la détacher du service d’Isabelle de Lorraine en juillet 1444, pour en faire l’une des dames d’honneur de la reine Marie d’Anjou,  qui doit désormais supporter la présence de la maîtresse de son époux. Agnès est la première maîtresse royale à être présentée comme étant une favorite officielle. Avant elle, les rois de France ont eu des maîtresses mais celles-ci restaient dans l’ombre, telles que Éléonore de La Pau ou Catherine de L’ Isle-Bouchard, qui l’ont précédée dans le lit de Charles VII. Malgré sa position inédite à la cour de France, Agnès reste respectueuse envers sa souveraine et ne réclame pas de faveurs pour les membres de sa famille.  

Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII (dessin au crayon du XVIe siècle)
Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII (dessin au crayon du XVIe siècle)

La jeunesse et la beauté de la favorite transforment la mode : Agnès Sorel met en avant le décolleté, les robes brodées de fourrures, les longues traînes et des coiffures qui gagnent en hauteur. Certains l’accusent de s’habiller de façon provocante (en dénudant ses épaules) et de dilapider l’argent du royaume. Le peuple de Paris surnomme d’ailleurs Agnès « la pute du roi ». Malgré cela, Charles VII, fou de sa maîtresse, continue de la combler de présents coûteux  (diamants, robes cousues de pierres précieuses…) souvent achetés auprès de Jacques Cœur, banquier, négociant et Grand argentier du roi. Le pape Pie II témoigne de la passion de Charles VII pour sa maîtresse : « Le roi ne peut supporter qu’elle lui manquât un seul instant : à table, au lit, au conseil, il fallait toujours qu’elle fût à ses côtés ». Il semble cependant qu’Agnès ne profite pas de sa position pour influencer son amant dans ses décisions politiques, bien qu’elle assiste parfois aux conseils et lui recommande certains hommes de confiance. Le diplomate Olivier de La Marche écrit  : « Agnès fit en sa qualité beaucoup de bien au royaume. Elle prenait plaisir à avancer devers le roy jeunes gens  d’armes et gentils compagnons dont le roy fut depuis bien servi ». 

La place privilégiée qu’Agnès Sorel occupe auprès de Charles VII ne lui confère, cependant, aucune légitimité. Soucieux de garantir l’avenir de sa maîtresse, le roi lui fait don, dès l’année 1444, du château de Beauté-sur-Marne (résidence royale construite sous Charles V), près de Vincennes. C’est de là que la jeune femme tient son célèbre  surnom : « Elle fut appelée demoiselle de Beauté, tant pour cette cause que pour ce que le roi lui avait donné la maison de Beauté-lez-Paris« . Ce n’est là que le premier des domaines royaux que Charles VII accorde à sa favorite. En 1446, Agnès reçoit Rocquecezière, place forte de Rouergue, attachée à la couronne depuis Saint-Louis. Suivront les terres de Vernon-sur-Seine (dans l’Eure) Issoudun (dans l’Indre) et le château de Bois-Sire-Amé (près de Bourges) en 1447. A la cour, le fait que le roi cède à sa maîtresse des domaines importants suscite beaucoup de mécontentement parmi les nobles, qui doivent souvent montrer leur valeur sur le champs de bataille pour se voir distinguer et récompenser par le roi. Il semble néanmoins que la dame de Beauté gère son patrimoine  asse habilement, si on en croit les vers suivants :

La Rocquecezière, les gens de Vernon et d’ailleurs
Ceux d’Issoudun, elle les administra sous une même règle
Douce en paroles apaisant querelles et scandales

Malgré sa faveur, Agnès Sorel demeure une personne fort pieuse et ne cesse de prier pour le salut de son âme. Tout au long de sa vie, elle fait d’importantes donations à l’Eglise ainsi que pour les pauvres. Résident souvent à Loches, Agnès fait d’importants dons à sa cathédrale. Dévote, la maîtresse du roi pense racheter ses fautes en multipliant les aumônes et en étant généreuse avec le clergé. Ainsi, en remerciements de ses actions envers les plus démunis et l’Eglise, la dame de Beauté reçoit du pape Nicolas V une absolution pontificale (une indulgence par rapport au  pêché d’adultère qu’elle commet avec un home marié).   

Agnès Sorel, par l'Ecole française (XVIe siècle)
 Agnès Sorel par l’Ecole française (XVIe siècle)

Agnès comprend vite quel intérêt elle a à se faire des alliés au sein d’une cour où elle n’est pas bien accueillie par tous. Ainsi, elle se rapproche et se lie d’amitié avec le grand argentier, Jacques Cœur. La favorite fait souvent appel à lui pour qu’il avance les fonds dont elle a besoin pour restaurer ses châteaux, cadeaux de Charles VII, ou se procurer bijoux et étoffes. Le grand argentier fera également partie des exécuteurs testamentaires choisis par Agnès, ce qui prouve qu’il connait bien les affaires de la favorite. Agnès fait également de ceux qui ont l’oreille de Charles VII – et qui sont principalement ses ministres –  ses alliés : Pierre de Brézé, maréchal de Normandie, Antoine de Chabannes, gouverneur de Paris, ou encore Etienne Chevalier, secrétaire d’Etat et ambassadeur du roi. En se rapprochant de ces hommes de pouvoir, Agnès recontribue à la gloire de son amant mais consolide également sa position fragile. 

On a parfois prêté à la dame de Beauté une liaison avec Pierre de Brézé, réputé être un grand séducteur. Si cela avait été le cas, Charles VII n’aurait pas manqué de faire payer cette trahison à son ministre. Agnès Sorel est également très proche de l’épouse de ce dernier, née Jeanne Crespin. Lorsque Pierre de Brézé est accusé par le dauphin, en 1448, de comploter contre le roi, la favorite lui apporte son soutien et Charles VII lui attribue bientôt la charge de grand sénéchal de Normandie. Les liens entre la favorite et les Brézé sont si étroits que le fils de Pierre, Jacques, épousera l’une des filles d’Agnès Sorel. 

En revanche, Etienne Chevalier a pu avoir une inclination pour la maîtresse du roi puisqu’il demande qu’elle serve de modèle au peintre Jean Fouquet, qui la représente dans son tableau de la « Vierge à l’enfant » (dit aussi « Vierge de Melun »), entourée de séraphins (anges rouges) et de chérubins (anges bleus). Agnès y est vêtue et coiffée selon la mode du XVe siècle, le front dégagé et la tête couronnée de pierres précieuses. Son sein gauche dénudé renvoie à la fécondité maternelle. Le fait que la maîtresse de Charles VII prête ses traits à la Vierge a probablement choqué ses contemporains. Si on a longtemps cru que ce tableau pouvait idéaliser la beauté d’Agnès Sorel, les études menées en 2004 par l’équipe du professeur Charlier sur les restes de la favorite démontrent que c’est bien  la maîtresse de Charles VII qui est représentée sur le tableau de Jean Fouquet. Quelques soient les sentiments d’Etienne Chevalier pour Agnès Sorel, le roi lui conserve sa confiance, ce qui exclut une liaison entre le secrétaire royal et la favorite. Tout comme Jacques Cœur, Etienne Chevalier fera partie des exécuteurs testamentaires d’Agnès.  

Agnès Sorel en “Vierge à l’Enfant” (ou "Vierge de Melun"), par Jean Fouquet (vers 1455)
Agnès Sorel en “Vierge à l’Enfant” (ou « Vierge de Melun »), par Jean Fouquet (vers 1455)

A la cour, Agnès Sorel a beaucoup d’amitié pour la dauphine, Marguerite d’Ecosse, qui a le même âge qu’elle. Toutes deux sont cultivées et spirituelles, et aiment la poésie, les fêtes et le luxe. La jeune dauphine n’est cependant pas aimée de son époux, le dauphin Louis, et lorsqu’elle meurt d’une pleurésie en 1445, à l’âge de 20 ans, il se montre indifférent. Agnès reprochera toujours à l’héritier du trône le comportement qu’il avait adopté à l’égard de sa malheureuse épouse. A partir de cette date, une hostilité réciproque s’installe entre le dauphin et la favorite, ce qui aura de fâcheuses conséquences dans les relations entre Charles VII et son fils. Ce dernier ne supporte pas que sa mère, reine de France, soit humiliée par la présence d’une maîtresse de son père.  En 1447, en rage contre Agnès, le dauphin la poursuit en brandissant son épée (ou la gifle, selon les récits). Le roi, furieux que son fils s’en prenne à sa favorite, l’envoie dans le Dauphiné. Louis ne reviendra à la cour que quatorze années plus tard, une fois devenu roi de France. Il demeure le seul dauphin dans l’histoire qui ait osé manquer de respect à ce point à une favorite royale. 

Il semble bien qu’Agnès Sorel ait transformé Charles VII. Lui qui n’avait pas le goût du pouvoir, affichait une triste mine et semblait être influençable dans sa jeunesse, manifeste désormais son envie de gouverner, de s’occuper de la politique et rêve de conquêtes. Aux côtés d’Agnès, Charles VII rayonne, retrouve une nouvelle jeunesse. Le pape Pie II témoigne de la passion de Charles VII pour sa maîtresse : « Le roi ne peut supporter qu’elle lui manquât un seul instant : à table, au lit, au conseil, il fallait toujours qu’elle fût à ses côtés ». Il semble cependant qu’Agnès ne profite pas de sa position pour influencer son amant dans ses décisions politiques, bien qu’elle assiste parfois aux conseils et lui donne son avis, lui recommandant certains hommes de confiance. Le diplomate Olivier de La Marche écrit  : « Agnès fit en sa qualité beaucoup de bien au royaume. Elle prenait plaisir à avancer devers le roy jeunes gens  d’armes et gentils compagnons dont le roy fut depuis bien servi ». 

Agnès Sorel d'après Jean Fouquet (copie du XVIe siècle)
Agnès Sorel d’après Jean Fouquet (copie du XVIe siècle)

Agnès Sorel donne trois filles à Charles VII. La dame de Beauté n’étant pas mariée, ses enfants sont élevés loin de la cour et leur existence est tenue secrète : 

– Marie (1444-1473), ép. en 1458 Olivier de Coëtivy, comte de Taillebourg (conseiller et chambellan de Charles VII). Elle est légitimée en 1458 à l’occasion de son mariage
– Charlotte (1446-1477), ép. en 1462 Jacques de Brézé, comte de Maulevrier. Légitimée par Louis IX à l’occasion de son mariage, elle meurt assassinée par son époux pour cause d’infidélité. 
– Jeanne (1448-1467),  ép. en 1461 Antoine de Bueil, comte de Santerre (chambellan du roi). Elle est légitimée par Louis IX à l’occasion de son mariage.

L’éducation de la fille aînée d’Agnès est confiée à un proche du roi, l’Amiral de France Prégent de Coëtivy (Marie épousera d’ailleurs son frère cadet). Les filles de la favorite ne sortiront de l’ombre qu’à leur mariage et seront légitimées à ce moment-là. Charles VII étant décédé en 1461, c’est leur demi-frère, Louis XI, qui s’en chargera pour les deux plus jeunes. On aurait pu croire qu’il reporterait sur elles la haine qui avait eue pour la maîtresse de son père mais ce ne sera pas le cas : en effet, les enfants bâtards n’existaient alors qu’à travers leur filiation paternelle. Dès lors, aux yeux de Louis XI, ses demi-sœurs sont uniquement les filles de Charles VII. 

D’après certains de ses contemporains, Agnès aurait souhaité voir un enfant de sexe masculin pour renforcer sa position. Il est rapporté, lors de l’une de ses grossesses :  « Agnès, qui ne cessait de faire des vœux pour avoir un fils, fut trompée dans ses espérances. Ce fut encore une fille qu’elle donna au roi. » En effet, les bâtards de sexe masculin ont souvent accès à des postes importants et sont parfois élevés avec les enfants légitime du seigneur qui en est le père. A la cour, on a à l’époque l’exemple de Jean Dunois, le « Bâtard d’Orléans », fils illégitime du frère cadet de Charles VI, Philippe d’Orléans. Elevé avec les enfants légitimes de son père et ses cousins (dont Charles VII), Jean Dunois occupe alors la charge de Grand Chambellan. 

Agnès Sorel, la "demoiselle de Beauté" par Jean Fouquet (XVe siècle)
Agnès Sorel, la « demoiselle de Beauté » par Jean Fouquet (XVe siècle)

C’est peut être Agnès qui inspire au roi  la reconquête de la Normandie et de la Guyenne, alors occupées par les anglais, en 1449. Tandis que Charles VII s’empare des villes de Normandie, Agnès, enceinte pour la quatrième fois, s’installe au château de Loches, en Touraine. Au début de l’année 1450, alors que son amant vient de prendre Rouen et Harfleur, Agnès le rejoint à Jumièges alors qu’elle est enceinte de sept mois. La favorite a entendu parler d’un complot contre le roi et, inquiète, vient le prévenir. Il est vrai que depuis le départ forcé du dauphin, on peut s’attendre à ce que ce dernier tente quelque chose contre son père. Cependant, on peut également avancer une autre raison pour qu’Agnès Sorel se déplace malgré son état : elle se sait une rivale en la personne de sa cousine, Antoinette de Maignelais, qu’elle a elle-même introduite à la cour. Celle-ci est demoiselle d’honneur de la reine depuis 1448 et rencontre fréquemment le roi. Ambitieuse et d’une grande beauté, Antoinette pourrait profiter de l’absence d’Agnès pour s’attacher les faveurs royales.

Tandis que la cour de Charles VII s’est établie à l’abbaye de Jumièges, Agnès s’installe à proximité,  dans le manoir de Mesnil-la-Belle, les moines ayant refusé d’accueillir la maîtresse du roi. C’est là que la dame de Beauté accouche prématurément d’une fille mort-née, le 3 février. Les sources ont longtemps avancé que la dernière-née d’Agnès avait vécu quelques mois. Pourtant, lors de l’exhumation des reste d’Agnès, en 2004, les chercheurs ont trouvé un squelette fœtal de sept mois, preuve que l’enfant, né avant terme, n’a pas survécu et a été inhumé avec sa mère (certaines sources font de l’enfant un garçon, en se basant sur une gravure anonyme, au sujet  de la « Vierge de Melun » laquelle indique qu’Agnès « est représentée en Vierge, et le fils qu’elle a eu de Charles VII en enfant Jésus »).

Agnès Sorel, favorite de Charles VII (anonyme, XVIIe siècle)
Agnès Sorel, favorite de Charles VII (anonyme, XVIIe siècle)

Quelques jours après son accouchement, la favorite est prise d’une forte fièvre. Agnès dicte alors son testament dans lequel elle fait de Jacques Cœur, Etienne Chevalier et Robert Poitevin ses exécuteurs testamentaires. Ce dernier est le médecin personnel de la reine, qui a assisté la dame de Beauté à la fin de sa grossesse et dans ses derniers jours. La maîtresse du roi lègue ses biens à la collégiale de Loches et restitue à son amant ses bijoux ainsi que ses domaines. Agnès Sorel n’écrit rien à propos de ses trois filles, qui n’ont pas d’existence légale, et qui « appartiennent » au roi. La dame de Beauté décède le 9 févier 1450, d’un « flux de ventre ». Elle est âgée d’environ 28 ans. Très affecté par le décès brutal de sa maîtresse, Charles VII lui fait construire deux somptueux tombeaux : l’un à l’abbaye de Jumièges où est placé le cœur d’Agnès Sorel, le second dans la collégiale de Saint-Ours à Loches  où son corps est inhumé sous un monument de marbre blanc. Le gisant d’Agnès est coiffé d’une couronne ducale, Charles VII ayant accordé le titre de duchesse de sa maîtresse peu avant sa mort. Prudente, celle-ci n’en a jamais usé, craignant de susciter de nombreuses jalousies. 

A l’époque, on s’interroge sur déjà sur la mort brutale d’une jeune femme en pleine santé et on parle bientôt d’un empoisonnement. L’argentier du roi, Jacques Cœur, est le premier soupçonné et accusé d’avoir fait disparaître la maîtresse de Charles VII, lors de son procès, en 1451. En réalité l’homme, qui avait accumulé une trop grande fortune, inquiétait et on prit sans doute prétexte de la disparition soudaine de la favorite, qui lui était étroitement liée, pour précipiter sa chute. Pourtant, l’argentier n’avait aucune raison de supprimer l’une des ses meilleures clientes et se défendit d’être à l’origine de son décès. 

Gisant d'Agnès Sorel (collégiale Saint-Ours, Loches)
Gisant d’Agnès Sorel (collégiale Saint-Ours, Loches)

En 2004, les ossements d’Agnès Sorel sont exhumés afin que l’équipe du CHU de Lille, dirigée par le professeur Philippe Carlier, les analyse. Après six mois de travail, l’équipe de chercheurs annonce que la favorite de Charles VII a succombé à une forte dose de mercure. Celui-ci était alors souvent utilisé pour faciliter les accouchements mais également pour soigner l’ascaridiose (infection parasitaire intestinale) dont la dame de Beauté était visiblement atteinte d’après l’analyse scientifique. Mais si le mercure est utilisé en médecine, la dose excessive absorbée par Agnès Sorel lui a été fatale. La favorite de Charles VII a-t-elle été empoisonnée suite à une erreur médicale ou volontairement ? Agnès Sorel a été assistée par le médecin personnel de Marie d’Anjou. Celui-ci a-t-il voulu venger l’honneur de la reine ? Les sources de l’époque ne mentionnent pourtant aucune tension entre l’épouse du roi et sa favorite. Le médecin aurait-il pu agir sur ordre du dauphin Louis ou se taire devant l’évidence (l’apothicaire aurait pu surdoser les préparations sur ordres de l’héritier du trône)  ? Le futur Louis XI haïssait Agnès et la tenait responsable de son exil et du peu de confiance que lui accordait le roi : « La haine de Charles VII contre Louis venait de ce que ce prince avait plusieurs fois [comploté] contre son père pour la Belle Agnès […] et par dépit lui fit la mort avancer ».  Déjà à l’époque de la disparition de la favorite, le chroniqueur Jacques Du Clercq écrivait : « Le dauphin avait déjà fait mourir une damoyselle nommée la belle Agnès, laquelle était la plus belle femme du royaume, et totalement en amour avec le roi son père »

La cousine d’Agnès, Antoinette de Maignelais, aurait eu, elle-aussi, intérêt à voir disparaître la dame de Beauté. Sans doute remarquée par Charles VII du vivant d’Agnès, la jeune femme reçoit la seigneurie d’Issoudun (propriété de sa cousine) juste après la mort de la favorite et fait un brillant mariage avec un Gentilhomme de la Chambre du roi, en octobre 1450. Aujourd’hui, il est impossible de savoir avec certitude qui est à l’origine de la mort d’Agnès Sorel, et si l’empoisonnement de celle-ci au mercure est accidentel ou intentionnel.

Bibliographie :

Qui a tué la Dame de Beauté ? Etude scientifique des restes d’Agnès Sorel (1422-1450) de Philippe Charlier
De quoi sont-ils vraiment morts ? du Dr Jacques Deblauwe
Essai critique sur l’histoire de Charles VII, d’Agnès Sorel et de Jeanne d’Arc de Joseph Delort
Les filles d’Agnès Sorel, de Paul Durrieu
Agnès Sorel : la première favorite,  de Françoise Kermina

 

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