Favorites Royales

Marie-Angélique de Fontanges, l’étoile filante du Soleil

Fille du comte de Roussille, Jean Rigaud de Scorailles, et d’Aimée Léonore de Plas, Marie-Angélique, demoiselle de Fontanges, naît en Auvergne en juillet 1661. Ayant remarqué sa grande beauté, un cousin se charge de la faire entrer à la cour de Louis XIV en 1678, comme fille d’honneur de la duchesse d’Orléans, belle-sœur du roi. Louis XIV est alors tiraillé entre la marquise de Montespan et Madame de Maintenon. Athénaïs de Montespan voit en Marie-Angélique le moyen de reconquérir son royal amant : séduit par la beauté de la demoiselle, le roi délaissera la marquise de Maintenon. Sachant que, malgré son charme physique, Marie-Angélique est dite  “sotte comme un panier”, Athénaïs est certaine que Louis reviendra vers elle. La chose est faite rapidement. Quelques semaines après la présentation de la jeune fille, le roi en fait sa nouvelle favorite et ne cesse les divertissements en son honneur. Il montre grandement son attachement pour elle, en portant bien souvent des rubans assortis à ceux de Marie-Angélique. Bientôt, il apparaît qu’elle est enceinte, ce qui provoque la colère d’Athénaïs qui ne pensait pas le roi si épris de sa jeune conquête. Elle confie à la marquise de Maintenon “le roi a trois maîtresses : moi de nom, cette fille de fait et vous de cœur”. Marie-Angélique crée bientôt, malgré elle,  la célèbre mode de la coiffure  “à la Fontanges” : lors d’une promenade à cheval dans la forêt de Fontainebleau, ses cheveux s’accrochent à une branche et elle apparaît devant le roi retenant sa coiffure à l’aide d’un ruban, ce que Louis trouve tout à fait charmant. Le lendemain, toutes les courtisanes adoptent cette coiffure… sauf la marquise de Montespan qui trouve cela de “mauvais goût”. Devenue favorite officielle, Marie-Angélique se met à dénigrer la reine et à se montrer fort mauvaise avec Mme de Montespan. Sa nouvelle place au sommet de la cour lui fait perdre la tête et le respect qu’elle doit à certaines personnes.  En décembre 1679, Angélique met au monde avant terme un fils mort à la naissance et ne s’en remet  physiquement pas. On l’a dit alors “blessée dans le service” et l’ensemble des courtisans se détourne peu à peu de la jeune femme.

angelique1.jpg
Marie-Angélique, duchesse de Fontanges

 En 1680, la faveur de Marie-Angélique décline lorsque le roi la fait duchesse de Fontanges. Toute la cour voit dans cette marque d’honneur un cadeau d’adieux à la royale favorite.  Toujours malade, et en proie à de nombreuses pertes de sang depuis son accouchement, la jeune femme se retire dans une abbaye près de Pontoise avant de réapparaître à la cour. D’après Mme de Caylus, la duchesse de Fontanges se serait retrouvée enceinte une seconde fois, mais aurait été victime d’une fausse-couche : “cette fille s’est tuée pour avoir voulu partir de Fontainebleau le 13 mai [1680 ], le même jour que le roi quoiqu’elle fut en travail et prête à accoucher. Elle fut depuis toujours languissante”. En 1681, Marie-Angélique est  victime de fortes fièvres et trouve refuge à l’abbaye de Port-Royal. Crachant ses poumons durant plusieurs jours, la duchesse meurt dans la nuit du 27 au 28 juin 1681. Elle n’a pas vingt ans.  Avant de trépasser, Marie-Angélique a revu Louis XIV, venu lui rendre une dernière visite.  Le confesseur du roi espérait qu’en visitant sa maîtresse mourante, le monarque retiendrait ce qu’il en coûtait de se détourner du droit chemin. Devant la duchesse de Fontanges, Louis n’a pu retenir ses larmes, ce qui fit dire à la jeune femme “je puis mourir contente, puisque mes derniers regards on vu pleurer le roi”. Très vite, on accuse Athénaïs de Montespan de l’avoir fait empoisonner, ainsi que son enfant. Le roi ordonne alors une autopsie qui tranche pour une mort naturelle.


pour en savoir plus : “”la duchesse de Fontanges” de Henri Pigaillem

fontanges.jpg



Articles associés :
– “L’étrange mort de la duchesse de Fontanges”
– “L’Affaire des Poisons et Mme de Montespan”

Partager sur :

FacebookTwitterGoogleEmail this pagePrint this page


Publicités