Historia

La grande histoire des cités englouties

Dans son nouveau numéro, le magazine Historia revient sur l’histoire des cités englouties, pour mettre en avant un phénomène qui inquiète : la montée des eaux.

Depuis toujours, l’homme cohabite avec l’océan, bâtit des villes en bord de mer, pour faciliter les échanges commerciaux en créant des ports ; mais aussi des stations balnéaires pour encourager le tourisme. Des villes comme Venise fascinent car elle sont construites sur l’eau. Mais l’érosion des côtes et la montée des eaux menacent non seulement l’habitat des hommes, mais aussi une partie du patrimoine mondial : les ruines de Pompéi, la tour de Pise ou encore le site archéologique de Carthage…

La montée des eaux n’est pas un fait nouveau : en France, l’entrée de la grotte Cosquer se trouve aujourd’hui à 37 mètres sous le niveau de la mer, submergée après la dernière glaciation.  Mais depuis l’Antiquité, de nombreuses cités ont disparu, faisant dire à l’historien Salomon Reinach “la mer est le plus grand musée du monde”. Parmi ces cités englouties, on compte Baïes, une cité balnéaire très appréciée VIIIe siècle avant J.-C, mais érigée sur une terre instable. Il faudra plusieurs siècles pour que Baïes disparaisse sous les eaux à cause de l’affaissement du terrain. Elle sera lentement désertée par les habitués et effacée pour de bon des cartes à la fin de l’Empire romain.

Des phénomènes naturels peuvent également précipiter la fin d’une cité : tremblement de terre, eruption volcanique, tsunami… Ainsi, au IIe millénaire avant J.-C, l’île volcanique Santorin, située en Méditerranée occidentale, est anéantie par l’explosion brutale du volcan, qui engendre un méga-tsunami destiné à s’abattre sur les côtes voisines.  La disparition soudaine de l’île alimente encore la possibilité que le mythe de l’Atlantide, cité disparue, ne soit pas qu’une légende : cette île-continent qui aurait été engloutie “en un seul jour et une seule nuit néfastes” devrait son funeste sort à de nombreuses “inondations et tremblements de terres”. Encore aujourd’hui, le mystère de l’Atlantide passionne et certains sont toujours à sa recherche…

La ville d’Alexandrie a, elle aussi, été victime d’une catastrophe naturelle lorsqu’en l’an 365, un tremblement de terre sous-marin entraîne un tsunami, qui frappe la cité, emportant bateaux, palais, mais aussi son célèbre phare, l’une des Sept Merveilles du monde. Le fait qu’Alexandrie ait été construite sur des sols partiellement instables peut expliquer  le fait que la ville ait été en grande partie engloutie par les eaux.

Les archéologues et historiens tirent profit des catastrophes qui ont englouti des cités : car si en surface l’urbanisme a évolué et que les villes se sont transformées, ce qui a été immergé reste figé, et témoigne de la vie d’autrefois. Ainsi, les statues, les ruines  – et parfois même les routes – qui reposent sous l’eau constituent des trésors d’informations pour mieux comprendre le fonctionnement d’une cité antique, les croyances de ses habitants… Découvrez, à travers de nombreuses photographies sous-marines, les trésors cachés de ces cités, mis à jour par les différentes expéditions, menées depuis le XXe siècle.

Si des cités ont disparu à cause de facteurs naturels, d’autres ont été noyées volontairement par l’homme, pour raisons économiques, lors de l’aménagement du territoire. Ainsi, en Savoie, le petit village de Tignes disparaît en 1952 sous “le lac de retenue” d’un barrage EDF. La plupart des habitants, expulsés, ne s’en remettront pas, venant assister, tous les dix ans, à la vidange du barrage, pour apercevoir les vestiges de leurs maisons. Partout dans le monde, des villages ou cités sont ainsi sacrifiés, sans que l’on se préoccupe du patrimoine qui va disparaître avec eux. Découvrez la campagne internationale lancée par l’Unescso, pour sauver le temple d’Isis – sur l’île de Philae – condamné par la création d’un barrage. Au terme de travaux d’une grande ampleur, le sanctuaire de la déesse égyptienne sera démonté et déplacé en 1977.

A travers ce numéro, explorez ces cités oubliées, construites pour être éternelles, et aujourd’hui englouties. Découvrez les analyses des chercheurs, qui tirent la sonnette d’alarme face aux menaces qui pèsent  aujourd’hui sur nos côtes. Car sans réactions, ce sont de nouveaux trésors et de nouvelles villes, qui risquent de disparaître…

mensuel N° 879 / mars 2020

Partager sur :

FacebookTwitterGoogleEmail this pagePrint this page


Publicités