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La France sous la Terreur : 1793-1794

Ce mois-ci, le magazine Historia revient sur une période sombre de la Révolution Française, connue sous un terme qui résume à lui seul un climat d’angoisse et de suspicion : la Terreur.

En 1793, la Révolution Française connaît un tournant, souvent attribué à Maximilien de Robespierre, qui est à la tête du Comité de salut public. Sous prétexte de préserver la sûreté de la Nation, et les droits acquis depuis 1789, la France – et plus particulièrement Paris – est plongée dans la peur. Les politiciens qui tiennent le pays évoquent des complots, visant à mettre en place une contre-Révolution. Dès lors, la paranoïa gagne les français, qui n’hésitent pas à dénoncer voisins, voire amis ou parents.

Un tribunal révolutionnaire est créé dès mars 1793, dans le but de terroriser la population, en prononçant davantage de peines capitales. La phrase de George Danton ne laisse pas de doutes sur les intentions du Comité : « Soyons terribles pour dispenser le peuple de l’être ». Dès lors, ceux qui comparaissent devant les jurés ont de moins en moins de moyens, de temps, pour se défendre. La « loi des suspects » votée en septembre 1793, marque clairement un  affaiblissement du respect des libertés individuelles : la « Terreur » est instaurée.

La noblesse n’est pas la seule classe touchée par cette vague meurtrière, et ne représente que 30% des condamnés à la guillotine. Etre soupçonné  de sympathie envers la monarchie suffit pour être arrêté, et voir sceller – bien souvent – son funeste destin.

Face au grand nombre d’arrestations, les prisons se multiplient, dans des couvents, ou dans des hôtels particuliers, devenus propriétés de l’Etat. Lorsque leurs capacités arrivent à saturation, il n’est pas rare de guillotiner, en masse,  les détenus – après un « procès » expéditif – pour faire de la place. Face à la multiplication des exécutions, de nouveaux cimetières émergent. La guillotine doit également être déplacée à plusieurs reprises : en effet, si elle est d’abord installée sur un lieu stratégique (pour plus de visibilité), il faut désormais penser à l’évacuation des cadavres – par centaines – et aux odeurs de sang qui finissent par incommoder ceux qui habitent à proximité.

Si Paris est la capitale du pouvoir, d’autres villes sont également touchées par une répression sanglante, destinée à prévenir toute idée de soulèvement contre la Révolution, à l’exemple de Toulon, Marseille ou encore Lyon. Dans cette ville, la crypte de Brotteaux renferme les restes des centaines de lyonnais massacrés par l’armée française, sous la Terreur, au nom de la liberté…

C’est bien une tragédie nationale qui se joue durant plusieurs mois, dégénérant parfois en guerre civile. Si on situe généralement la fin de la Terreur avec l’exécution de Robespierre, en juillet 1794, celui-ci n’était pas la seule grande figure de cette période tragique. Découvrez les acteurs qui vont bien souvent devenir les victimes de cette Révolution qu’ils ont souhaitée, et les rouages d’un système qui a fait sombrer le pays dans la paranoïa et le sang, au nom de la vertu et de la sauvegarde des droits de l’Homme.

mensuel N° 874 / octobre 2019

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